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TRIANGLE D’OR

Publié par le 9 mars 2014

OPIUM

 

Les soldats d’Indochine avaient /
Ce chant de marche qu’ils rythmaient /
A coups de godillots.
Opium – Vlam, vlam – Poison de rêve /
Fumée – Vlam, vlam – Qui monte au ciel.

Le Hobo il soulève ses paupières.
Soupire une plainte.
Sa nuque sur du bois dur
Comme de la pierre
Qui l’entaille
Au-dessus un toit, vieille paille
Fissures,
L’eau de pluie qui suinte

Putain ma tête en brume
Ma tête en danse
La pluie… après
Partir…
Les mules…
Mecs costauds…
Charlie Wang…
Ce qu’il faut…
Crépuscule…
Putain ma tête
En brume

« On partira au crépuscule
Charlie Wang a dit
Au crépuscule après la pluie
On a tout ce qu’il faut
On a des mules 
Et des types costauds »

C’est un village de jungle
Le Hobo il se souvient
Un village allez rigole un hameau
Un foutoir
De cagnas crevées
Accrochées en désordre au bord d’un plateau
En surplomb d’une mer de forêt
Au feuillage dense
La jungle la foutue jungle
Couleur vert dense
Quasi noir

Le sol c’est une boue immonde
Dessus la pluie s’abat
Les éclairs déchirent le ciel quasi noir
Le tonnerre hurle à pleine voix
La pluie s’abat
Raide et dense
Claque et danse
En furieux rideaux
C’est un dieu qui nous noie
Le Hobo il se dit
C’est un dieu qui compisse le monde
Un brouillard d’eau
Folle
Putain c’est la pluie en brume

Les guerriers Hmongs ils sont sept
Sous un abri de bâches et de bambou
Perché sur pilotis
Sept types en habits noirs
Falzars coupés aux genoux
Des turbans crasseux et noirs
Noués serrés autour des têtes
Deux qui roupillent
Dans des hamacs de toile
Quatre qui jouent aux cartes
En silence
Des petites cartes longues et fines
Qu’ils font claquer sur le plancher.

Le septième le jeune le gamin
Surveille les mules
Accroupi sous la pluie
Tendu
L’abandon de ses mains
Les pieds fichés dans la boue
Fusil en travers des genoux
Cartouchières croisées
sur son torse nu
Qui luit

Charlie Wang il dort
A côté
Sur une natte écorchée
Il roupille comme mort
Charlie Wang défoncé
Souffle diaphane
Le quarante-cinq à côté
De son crâne

De l’ombre du coin
Le vieillard glisse
S’approche
Sa peau un voile pâle
Ses côtes dures lisses
La bouche un gouffre
Noir
Ses yeux au loin si loin
Le regard mort
Qui souffre
Encore

Il prépare une nouvelle pipe
Cauchemar d’escogriffe
Gestes de machine
Lents
Précis
Ses bras nus
Décharnés
A faire mal
A grincer des dents
Ses mains des griffes
Agrippent
Enfin
La lampe l’aiguille
Ses mains
Des tiges de métal
Tordues
Des serres gainées
De cuir souffrant.

L’odeur de l’opium
Dure
Solide
Gémir
Une pâte de venin
Dure
Solide
Du caramel à la nausée
Venin
Nausée
Vomir

« On partira au crépuscule,
Charlie Wang a dit,
Au crépuscule après la pluie »

Le Hobo il baisse les paupières.
Il s’endort comme on crève.
Il replonge en chimère
Le Hobo il repart en rêve.

 

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