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ZYKË – L’AVENTURE — 01 : « Charlie est mort »

Publié par le 1 février 2016

(à Véronique Vauchel)

 

A Bordeaux, le quartier avait changé.

Les flics du nouveau maire et ses camions de l’aube à flotte pulsée avaient nettoyé la place de ses alcooliques violents et de ses putes espagnoles.
La chatte payante avait été repoussée derrière la gare, de l’autre côté du pont de ferraille. Elle était bulgare, désormais, poudrée à blanc, surveillée par des barbares de l’Est en 4 x 4. Quant aux clodos, nul ne savait ce qu’ils étaient devenus.

On s’était serré la main, moi et Charlie.

Je dis : Charlie.
C’était son nom dans cette ville où il avait été jeune gangster, où sa mère et sa famille résidaient toujours.

Maintes fois, on s’était séparés au même endroit.
Marrant, ces virées aux bouts des mondes, dans les opiums et les lumières des suds, qui s’achevaient invariablement là, sur le parvis de cette gare française.
Il s’engouffrait dans le PMU d’en face, moi je prenais place dans la queue devant l’un des guichets avec l’impression de sauter d’un film en cinémascope dans une télé noir et blanc.

Cette fois, c’était la dernière. On ne se verrait plus. Je le sentais et ça me faisait chialer comme une vieille. Il le savait et n’en montrait rien.

Il était malade. Une tenace malaria rapportée de Guyane lui attaquait les reins, déjà pourris par une vie d’excès. Ces mêmes reins qui avaient failli avoir sa peau vers 1976, quand il sillonnait le Sahara en refusant de boire de l’eau.
Parce que boire dans le désert, c’était un truc de faibles…

Il partit en Turquie vivre un temps avec sa fille, Sarah.
Un millionnaire d’Istanbul qui voulait se lancer dans le cinéma lui commanda un scénario, un film historique sur la vie d’un pirate barbaresque du XVème siècle.
Charlie fit semblant de s’y intéresser, empocha quelques billets, puis conseilla aimablement au gars d’aller se faire enculer.

Au printemps suivant, on écrivit un dernier livre.
On travaillait au téléphone, chaque matin. Je lui envoyais les pages rédigées le soir, par e-mail.
L’aventure commencée vingt-cinq ans plus tôt avec une machine à écrire portative, des ciseaux et du Tippex s’achevait dans les forfaits illimités, le traitement de texte et les nouvelles technologies.

Le livre s’intitule « Alma ».
C’est le nom d’une petite fille juive aux pouvoirs particuliers qui vit à Seville, en 1492.
Un conte.
Un bijou de cent pages tout rond.

On se disait que celui-là, si différent de tout ce qu’on avait fait paraître auparavant, on allait le publier sous nos deux noms.
On se disait qu’il serait le premier d’une collection.
On se disait que ce serait un nouveau départ.
On se disait qu’on avait trouvé un moyen de continuer l’aventure.
On se disait…

Des éditeurs ont fait la fine bouche, bavé que ce n’était pas le style auquel on était habitué, crachoté que le public n’était pas prêt, ceci, cela, et proposé des avances aux chiffres insultants.
Charlie leur conseilla gentiment d’aller se faire enculer.

Un peu plus tard, il a proposé le bouquin en version numérique sur son site internet.
Couverture noire. « Alma » en lettres de feu. Signé de lui seul.
J’en fus peiné.
Bien sûr, je connaissais sa mégalomanie, son incapacité à s’associer avec quiconque, l’idolâtrie qu’il avait de son propre nom…
Mais je m’étais dit qu’après vingt-cinq ans de bons et loyaux services, une dizaine de tours du monde, une infinité de rencontres, de rigolades, d’émotions et de dangers, une vingtaine de bouquins écrits ensemble, dont dix-sept publiés, il aurait pu me concéder un peu de renommée.

Pendant l’été qui suivit, je ne répondis pas au téléphone.

Le 26 septembre, je ne sais pas pourquoi, quand il sonna, j’appuyai sur la touche « répondre ».

On discuta pendant deux heures.
Se raconta des souvenirs d’aventure qu’on s’était racontés cent fois.
Echangea des blagues de cul qu’on s’était racontées mille fois.

Je lui lus les premiers passages du livre sur ma vie avec lui que je m’étais mis à écrire et qui le firent rigoler.
– Fonce, me dit-il, tu es sur la voie, m’sieu Poncet.

On s’est dit qu’on allait écrire d’autres bouquins.
On s’est dit qu’on allait faire du cinéma.
On s’est dit que même, peut-être, tiens, on monterait un opéra !

Il me parla de ses fils, Chris et Gary. De combien ils lui manquaient.
De sa vie avec Laure, sa compagne.

Il me dit qu’il était heureux.
– « Je kiffe chaque instant. »
C’est ça qu’il me dit.
Ouais. En dernier, c’est ça qu’il m’a dit.

Le lendemain, revenant de la rivière, je trouvai un message sur mon répondeur.
– « Bonjour. J’espère que je suis bien chez Thierry Poncet. Si c’est chez lui, qu’il me rappelle, c’est… Enfin, c’est assez… Enfin, c’est grave, quoi… »

Patricio.
Un neveu de Charlie qui nous avait accompagnés, des années plus tôt, dans un périple mémorable en Asie-Pacifique.

Il avait laissé un numéro que je composai d’un doigt tremblant.
Parce que je savais, hein… Oh oui, je savais…

« – Patricio ? C’est Thierry.
– Thierry ? Thierry Poncet ?
– Oui. Qu’est-ce qui se passe ?
– Thierry, je suis désolé. Charlie est mort… »

 

Les foutus bouquins avaient eu sa peau.

Un homme qui, au cours d’une vie modèle d’aventurier, avait défié d’innombrables polices, avait déclaré la guerre à des bandits, s’était gavé de tous les excès possibles, s’était lancé au travers de tous les déserts et de toutes les jungles de cette planète, avait fini par crever de son obstination à écrire des livres !

Et du mépris que, toujours, lui témoignèrent ses éditeurs.

Un auteur surgi de nulle part, qui vendait du bouquin par palettes entières, qui fascinait des dizaines de milliers de lecteurs…
Ils auraient pu, ces petits marquis de bureau, en même temps qu’ils empochaient leurs fabuleux bénéfices, sinon applaudir Zykë à tour de bras, au moins se fendre d’un petit merci.
Mais non.
Ils le toisèrent. Froncèrent le nez. Firent la fine bouche.
« Ah oui, bien sûr, Cizia Zykë, évidemment, mais enfin, hein, si ça plait ! »
Sans omettre d’empocher le pognon, parce que bon…

L’histoire de Zykë et de l’édition, c’est celle d’un malentendu.
Triple, le quiproquo.
Uno. Dos. Tres.
Trois âneries en une.

Malentendu premier : la brute.

Quand, à l’été 1984, Oro devint un best-seller – un « bouquin de l’été », comme on disait à l’époque – les dirigeants de la maison Hachette considérèrent qu’ils avaient en face d’eux un lourdaud sorti des forêts tropicales qui avait eu le bol de tomber sur la formule magique.
Un imbécile qui aurait glissé la pièce dans la bonne fente au bon moment et obtenu le jackpot.

En réalité, ils avaient affaire à un homme exceptionnellement intelligent qui avait tout compris de la mécanique du succès éditorial et en avait assemblé les rouages à son profit.
Mais cette vérité là, elle leur était inconcevable.

Et il ne fallut pas compter sur Zykë pour les détromper.
Ils voulaient de la brute, ils en eurent !
Et que je te refuse les chèques en grognant : « j’veux du cash ! »…
Et que je te souffle la fumée au visage, avant d’écraser du talon de ma botte mon clope sur le tapis persan…
Et que je te mets la main à la croupe des assistantes – qui d’ailleurs ne s’en offusquaient guère…

Et s’il n’éternua pas son glaire dans les rideaux, ce n’est ni par respect ni par timidité, mais tout simplement parce que, au cours d’aucun rendez-vous il n’éprouva jamais le besoin de se moucher.

Malentendu deuxième : l’argent.

Zykë l’aura assez répété, à longueur de page : il se torchait du fric.
Le pognon engrangé était systématiquement dilapidé en plaisirs, casinos et champs de courses, suites de palaces, drogues en quantité et femmes vénales.
Je le sais bien, moi, avec ma dégaine de clochard punk, qui trimballait en rouleaux plusieurs briques dans chacune des poches de mes falzars troués !

Aucun des éditeurs successifs n’y crut jamais.
Fallait-il qu’ils soient cupides en leur âme pour être incapables de concevoir le désintéressement d’un homme…

Quand Oro cassait la baraque, ils voulaient Oro 2, Oro 3…
Et Oro le retour, pendant qu’on y était, histoire de bien remplir le tiroir-caisse sans prendre de risques.
Quand les romans d’aventure, à leur surprise, trouvèrent leur public, ils voulurent d’autres romans d’aventure. Beaucoup. Plein. A foison.
Quand Buffet Campagnard, conte cruel, fit un carton, ils suggérèrent que nous écrivissions d’autres contes cruels. Plein. A foison.
« Vous comprenez, mon cher Cizia, commercialement parlant… »

Zykë se foutait du commerce.
Seul le challenge l’intéressait.
Relancer les dés. Retenter. Ne pas roupiller sur le succès passé. Inventer une autre forme. Et une autre encore.
Explorer.
« Là, mon cher Cizia, je crains que vous ne preniez un risque commercial !
– J’aime prendre des risques.
– Ah… Oui… Mais, euh… Bon… Tout de même… »
Et un autre mégot écrasé sur le tapis, un !

Malentendu troisième : l’Ecrivain.

Cizia Zykë était écrivain comme il avait été hors-la-loi, contrebandier ou chercheur d’or : à fond.
Complètement.
Y consacrant sans aucune retenue toute son intelligence, son énergie et son courage.

A quel point entretenait-il une haute idée de la fonction d’écrivain !
Combien il en respectait sa noblesse, son utilité au monde, sa place éminente dans l’histoire de l’humanité !

Il racontait souvent : « La première fois que je suis entré chez Hachette, j’ai caressé les pierres du porche, tant j’étais persuadé que j’allais rencontrer des grands esprits, des humanistes, des lumières, des Victor Hugo, des Balzac…
Il ricanait alors, d’un aboiement sec de diable amer, et ajoutait :
– Il m’a fallu environ dix minutes pour déchanter. Bordel, quelle petitesse !… »

Le lecteur comprendra aisément qu’à toujours flamber nos gains à larges poignées, on se retrouva de plus en plus souvent à la dèche.
Au cours d’une de ces périodes de misère, découragé par un triste brouet de self-service, je râlai :
« Putain, toi qui as été un grand escroc, un exceptionnel bouffeur de tête, pourquoi tu ne montes pas une arnaque rapide pour nous sortir de la merde ?
Il m’avait gratifié d’un de ces regards qui rendaient minuscules les autres hommes.
– Je suis l’Ecrivain. Et l’Ecrivain n’a pas le droit de tricher. Ou alors, tout est perdu. »

Inutile, je pense, de préciser que, dans ce monde de l’édition peuplé de grippes-sous exploiteurs, où on ne nous appelle « auteurs » que pour mieux, semble-t-il, exprimer la bassesse de notre statut, cette aristocratique conception du métier resta incomprise.

Jusqu’à ce que mort s’ensuive.

 

Ce fut un triste hiver.

Seules la douceur de ma femme, la beauté de la vallée de la Loue, mon refuge, me maintinrent en vie.

Je passai beaucoup de temps dans les forêts qui enserrent mon logis.
Parti à l’aube givrée, je m’en retournai au crépuscule de fin d’après-midi, dans le silence cotonneux des froideurs franc-comtoises, troublé seulement par des cris de corbeaux, les plaintes d’un chien fou de solitude en son lointain chenil.

Je sillonnais les vastes bois de Rurey et d’Epeugney. Surprenais parfois un chevreuil ou une mère sanglier, des faisans négligés par les fusils. Quand me parvenaient les éclats de voix des chasseurs, je fuyais, gagnant des combes perdues derrière leurs barrières de troncs moussus.

Je tendais mon hamac de soldat, me sifflai des rasades d’alcool à la flasque et restais là, allongé sous des treilles de branches nues, grelottant, les yeux piqués de gel, tandis que repassaient en un film ininterrompu les mille images de mes aventures.

Le carnaval des misères de l’Afrique, l’ennui brutal des terres d’Islam, la fièvre speedée d’Extrême-orient, les lourdeurs et les mystères de l’Australie, la joie morbide des Amériques latines…

Puis, un beau jour, comme dans les contes, le printemps revint. La glace libéra les ruisseaux, les bougeons pointèrent, les nivéoles percèrent, les zoziaux se remirent à chanter.

Je relus les trente et quelques pages écrites l’été précédent, que Zykë avait approuvées.

Comme je les trouvai valables, je rallumai l’ordinateur qui sommeillait depuis des mois sous sa couverture de poussière.

Tapai :

A mon ami
Charlie l’Aventurier
Alias « Cizia Zykë »
Un noble géant
Epouvantable et merveilleux
Egaré dans un siècle
Qu’il ne pouvait aimer

« Poil au zobé ! »
Aurait-il ajouté…

Je rigolai un coup.
Serpilliai d’un doigt une larmichette.
Murmurai :

« Alors, m’sieu Poncet, si on travaillait un petit peu… »

Et je me remis à écrire.

 

(A suivre)

 

Retrouvez moi dans Haig, un héros imaginé avec Cizia Zykë, premier volume paru : Le Secret Des Monts Rouges, en librairie ou à www.taurnada.fr.

 

Zykë L’Aventure, enfin !
ZYKË - L’AVENTURE — 02 : Embarquement immédiat

16 Responses to ZYKË – L’AVENTURE — 01 : « Charlie est mort »

  1. Véronique

    Il est six heures , je me réveille , j’ouvre l’ordi , je vous lis……Je me laisse bousculer par les mots crus qui voisinent avec un imparfait du subjonctif, ce décor inquiétant et je retrouve l’atmosphère que je connaissais , et Charlie que je vois cette fois à travers vos yeux…..oui je veux savoir comment vous l’aimiez ou parfois le détestiez peut-être….Je veux toucher du doigt cette complicité que vous avez eue tant d’années , plus longue que celle d’un couple aujourd’hui !Je découvre un homme papa , apaisé, tranquille , Est-ce bien le même?, celui qu’il n’avoue pas, celui qu’il ne montre pas sauf à vous….J’attends avec impatience , votre regard sur ce duo qui m’a fait voyager et frôler un monde d’aventures dangereuses mais palpitantes…….

  2. Ben

    Un grand merci pour ces pages et celles à venir (et celles passées!)

  3. Marie-Christine ZOLEZZI

    Merci de partager avec nous ces moments, cette vie que vous avez traversée avec Charlie. Je croise parfois ses fils qui grandissent près de chez moi, à Menton où il n’est jamais revenu…. J’aurais aimé le revoir.
    Bonne journée Thierry et continuez de nous faire partager ce que ses livres ne nous ont jamais dit.
    Continuez aussi d’écrire et de nous enchanter de vos propres récits.
    Amicalement.

  4. lacourtablaise david

    Merci thierry pour ce grand moment d emotion

  5. Thierry

    Merci mr Poncet

  6. Nicolas Delmas

    Merci !!!! Vivement la suite ! Ils sont cons ces éditeurs, un bouquin sur Charlie, ça aurait été génial et il le méritait amplement. Il faut croire qu’ils ont pas apprécié son humour :-), ça me rappelle les pages du personnage qu’il avait inventé pour se représenter lui-même dans « Paranoïa », l’homme aux émeraudes…je ris à chaque fois, d’ailleurs, ce bouquin était fait pour être adapté, à mon avis.
    J’habite Bordeaux et j’ai croisé Zyke maintes fois, un jour, j’étais assis à côté de lui dans un bar, brasserie, PMU, près du stade de foot…j’étais chamboulé et jamais je n’ai osé lui parler, quel dommage ! C’est vrai que St-Michel s’embourgeoise…J’y vis et je vois débarquer les bobos, plus que des bobos d’ailleurs.
    J’aimerais bien savoir mais vous ne me le direz pas et vous aurez raison, sous quel nom il vous avait affublé pour le périple de « Sahara » :-)
    Encore merci et bonne continuation.

  7. Thierry Poncet

    Merci à tous !
    Salut, Nicolas, merci à toi aussi pour ton message si sympa, qui m’inspire quand même quelques réflexions.
    Un : le bouquin, il est là. Ils n’en veulent pas, tant pis pour eux. Mais moi, je tiendrai le coup et vous aurez votre épisode chaque semaine, non mais !…
    Deux : vous auriez vraiment du engager la conversation au PMU près du stade. De ma vie, je n’ai jamais vu Zykë rembarrer quelqu’un qui s’adressait respectueusement à lui.
    Trois : je me souviens de petits restaus de Saint-Michel, soupe de restes, hors d’oeuvres, plat, le pinard épais à volonté, tout ça pour 10 balles.
    Quatre : pour Sahara, patience, patience…

    • Fred

      Bonjour Thierry
      Très touché à nouveau par le ton sans fioriture,brut,sauvage et concis.

      Ces éditeurs sont vraiment des nazes !

      Cizia Zyke a boosté mes 25 ans de l’autre siècle
      Merci pour le partage…l’aventure continue!

  8. Kévin

    depuis le temps que je l’attendais ce début! super bien écrit comme d’hab, et ça lève un peu le voile sur Zyke, super!

  9. Nicolas Delmas

    Réponse à Thierry Poncet :
    -J’espère bien que je vais continuer à vous lire !!! C’est couillon, j’ai pas d’imprimante et j’aime bien avoir le support papier, lequel support arrivera, je vous le souhaite. On trouve pas mal de choses concernant les éditeurs indépendants sur le net. Et pas mal de petits éditeurs à la campagne ( et en ville !), je ne vous apprend rien !
    -Ce jour là, je le voyais pour la première fois, j’ai tourné la tête, comme ça et puis vînt l’apparition ! Je n’y croyais pas de prime abord, mais, discrètement, j’ai remarqué la bague, le tatouage…Je savais qu’il appréciait le foot. Il avait l’air concentré sur un journal, seul… Personne, hormis ma petite personne ne l’a reconnu ! Je crois que j’avais peur du colosse, de sa vie tumultueuse ! Tout de noir vêtu il était, belle chemise ouverte laissant apparaître la pépite…et la grande classe. C’était il me semble avant « Les aigles ». Je l’ai vu « traîner » ensuite aux Capus, Cours Victor-Hugo où il avait ouvert une petite sandwicherie, en face, s’est ouvert en même temps un excellent resto italien, qui existe toujours, je me suis dit qu’il lui appartenait, pensant à « Parodie » ! je suis souvent aller manger au « petit commerce » mais là, je ne l’ai pas croisé. J’ai rencontré un gars qui lui avait parlé lui ! Je suis plus sûr de moi aujourd’hui, mais il n’est plus là…Vous le faîtes revivre et de très belle manière puisque vous avez du talent (j’avais oublié de vous le dire…). Quand je me balade rue Kléber, je pense à lui, là, ça n’a pas trop changé mais ça va venir…
    – Je suis sûr que j’ai mangé dans les mêmes cantines ouvrières de St-Michel que vous, comme « Le Caneton », il n’en existe plus aujourd’hui…Seul subsiste, vaille que vaille, rue des Faures, le petit portugais pas cher et puis aussi, le bar-tabac espagnol qui résiste à la gentrification…J’ai du bol, mon immeuble a pas été racheté par le crâne d’oeuf qui dirige la ville. La mairie a acheté nombre d’immeubles, les a rénovés, a quadruplé les loyers et viré ceux qui gênent le regard des bourgeois loin en banlieue. Un jour,ce sera peut-être comme Saint-Pierre, mais ça prendra plus de temps, y’a des rebelles à St-Mich’, mais ça a aussi du bon ! Moins de bagnoles, plus d’arbres et la place est jolie. Sauf que, maintenant, c’est 4500 euros le mètre carré au lieu de 1200…Pour rien au monde je ne quitterais ce quartier authentique et bariolé.
    – Je patiente !!!
    Cordialement.

  10. eddy

    C est parti ! Merci Thierry !

  11. LECHAUVE Dominique

    moi je vais imprimer , et je prendrai le temps de te lire d’un coup comme « Haig  » hier soir. Et oui mon poto, j’ai finis le livre, enfin relu entièrement la version papier.
    Bises à vous deux et merci pour le café

  12. Laure

    Mon cher Thierry,

    Eh bien c’est à moi que tu tires la larmichette…
    Un texte si beau, si touchant.
    Quel bel hommage rendu à ce géant !
    Oui il faut le dire, un géant de bonhomme et d’écrivain.
    Une intelligence hors du commun.
    Avec les couilles du plus grand des conquérants.
    A la conquête du monde avec comme seul bagage son regard acéré et son esprit plus vif que l’éclair.
    Le panache à l’état pur.

    Et c’est tellement bon de le retrouver en te lisant.
    Moi ce qui me plaisait parmi tant de choses, c’est que finalement, il employait une bonne partie de ses journées à essayer de me faire marrer.
    Des conneries en rafales…
    Et les fous rires qui vont avec…

    Zykë le pudique.
    Aujourd’hui, je peux bien le dire, il ne m’en voudra pas.
    Jamais un homme ne m’a donnée autant d’amour, d’attention et de tendresse.
    Jamais.
    Cette brute épaisse, toujours incomprise des maisons d’édition, était bel et bien un poète d’une extraordinaire sensibilité.
    Trop humain et trop inadapté pour cette société.
    Ne comprenant pas que les hommes puissent être à ce point des « pleutres », pour le citer.

    Un grand merci Thierry pour tes textes.

    Bisous

    Viva la Révolucion !!!

  13. Jc

    Salut Thierry, quand j’ai ramene ton bouquin de ce petit coin du Cambodge tu sais , avec ma chemise Z ….je l’avais lu , biensur, et c’est un ecrivain qui ecrivait deja . Tu le prouve encore ici.

    Je me rappelle ma premiere rencontre avec un de ses grouillots de l’edition, moi tout seul rue du Cherche Midi, des encules. Ils sont toujours les pareils.

    Amities camarades.

    Si tu passe dans le coin, mi casa …

  14. Sam

    Je me régale mon salaud

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