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Les Wallis de Kons 04

Publié par le 10 avril 2021

 

Vindicta !

Chaque jour est le jumeau de la veille. Sagesse immense : je mets à profit cette paresseuse répétition à l’identique pour prendre mes marques et mieux connaître le bled, les ressorts qui l’animent et les fadas qui le peuplent.

Tout bien considéré, l’âpreté du lieu me convient. l’île.
J’en viens à penser que mes années à Tahiti furent une mise en jambes pour ce nouveau temps dont je n’attends que sérénité.
Pour quelques mois.
Un an.
Deux ans, voire trois.
No se.

François-Kiko me loge. François est correct. Si l’ambiance est plutôt froide, c’est de mon fait. À sa décharge, il faut reconnaître qu’il n’est pas tombé sur le gendre idéal. Le Kons peut se révéler un fumier de première bourre, un cheval de retour au coup de sabot vicelard. Du moins c’est ce que je me force à croire pour garder au fond des tripes la rage nécessaire à avancer.

Soir. Assis sur la terrasse de la villa, je grille mes dernières clopes d’import en finissant la gnôle de Tahiti embarquée. Ce n’est pas par amour pour les moustiques, ces enfoirés sanguinaires, mais parce que m’emmerde la musique des plaisirs moites de Kiko à la remonte avec sa copine, mélodie molasse qui franchit les murs de sa piaule pour envahir la mienne, alors que je voudrais simplement dormir.

Je trouve mon compte pour m’évader dans un livre à propos de la survie sur les mers, les brûlantes comme les glacées. Me refroidis à côtoyer les plateformes pétrolières, à suivre les convois pour Mourmansk et à contempler le chavirement des chalutiers piégés par le gros temps sur le Dogger Bank.

Les moustiques finissent par obtenir ma capitulation. Je me reclus dans ma chambre, la tête pleine de paquets de mers gelées et de regrets de n’avoir jamais embarqué sur un bateau, et ce sont mes mauvais souvenirs, encore eux, qui me réveillent au point du jour allongé en croix de Saint-André sur le carreau où j’ai glissé pendant la nuit, à la recherche du frais.

« Let’s change the mood from glad to sadness« 
L.A. Woman, the Doors.

Au boulot, Kiko s’abstient de me mettre la pression, alors que je suis censé le remplacer au plus vite.
J’apprécie.
Plaisir rompu en pleine journée quand mon double paranoïaque se réveille pour hurler dans ma tête :
« Tu vas te faire baiser ! »
Effet garanti. Réveil psychologique violent. À partir de cet instant, cette phrase ne cesse plus de résonner dans ma cervelle, à n’importe quel moment du jour et de la nuit. Au réveil. Au café. Quand je fume au lit. Quand je bouffe. Quand je pisse dans le lagon. Et même quand je bois du frais face à l’océan.
« Tu vas te faire… »
Une saloperie de torture chinoise.
J’ai beau me raisonner, ma méfiance grandit. Ma part rationnelle me dit de ne pas céder à la parano, mais aussi qu’il n’y a pas, qu’il n’y a jamais de fumée sans feu.

Je commence à trouver la bonhommie de Kiko à mon égard d’autant plus louche qu’il ne fait pas mystère d’être pressé de tourner la page et de prendre le large sur la coque de noix à bord de laquelle il est arrivé, cinq ans plus tôt. Il veut revivre en marin. « Se gratter le ventre au soleil », comme il aime à le répéter.
Dire qu’il en a ras le bol est un doux euphémisme. Tout lui pèse. D’avoir tenu un si long bail lui a usé un tantinet les nerfs. Ça se comprend.
Il m’arrive d’en faire les frais. Le mataf manque d’air, pique des colères. Monsieur a ses humeurs.
Je laisse pisser, n’ayant rien à gagner dans un rapport de force.

Les jours passent et se ressemblent, monotones.
Comme remède à tout regret, je garde toujours en mémoire ce que j’ai quitté, la métropole et son nord dévasté. Cela suffit à me flanquer un sourire en pleine face.
Pour le moment, le travail est loin d’être éprouvant. Une photo à droite, une photo à gauche. Une brève vite torchée sur un navire scientifique en escale. Un article sur le projet destiné à chambouler le quotidien endormi d’un bled inconnu de la quasi-totalité des Français… Le tour est joué !
Bien sûr, une fois Kiko lancé en mer, la musique sera toute autre. Je mesure déjà la difficulté de remplir vingt pages chaque semaine. L’enfer que ce sera de me donner à fond dans l’art d’écrire pour ne rien dire.
Rien. Car il ne se passe rien.
Salement, absolument, foutrement rien, et ce putain de taf se révèle être une bombe potentielle de neurasthénie que je devrais désamorcer chaque matin.
Hé, hé, hé… je ne vais pas me laisser écraser par une mécanique dépressive.

Ce vendredi est un grand jour : la paie tombe !
Bang, crack, boum et mort aux vaches !
Ce n’est pas Byzance, juste un salaire minimum amélioré, mais c’est tout de même bon à prendre. Après un mois à me serrer la ceinture et l’âme, je vais me péter la cantine, fumer, boire, bouffer.
Baiser, c’est loin d’être gagné.
On s’en fout, faut foncer, pour la sagesse on verra plus tard. Le salaire est dans la fouille et en fraîche, avanti !

À la rédaction, je fais le maximum pour terminer ce qui doit l’être au plus vite. Kiko donne le dernier coup de patte au tableau. Les trois fafine (jeunes femmes) qui assurent le montage et l’intendance dans la discrétion la plus absolue assurent le coup. Ces trois collaboratrices wallisiennes, choisies par maître Kiko himself, sont les mousquetaires du secrétariat de rédaction ! Le taf est bien fait. Vu les moyens, très bien fait. Cousu main et sérieux garanti !
(Le trio m’accueillera avec politesse et distance, comme il se doit ; et réciproquement ; ensuite le moteur montera en tours/minute, dopé à l’octane de l’excentricité)
Je m’impatiente. Plus que quelques minutes avant de faire relâche. Je boucle un vague article où il est question de dé-vel-lop-pe-ment de res-sour-ces z’ha-lieu-ti-ques et point à la ligne. Je me lève, pousse la porte. Les mousquetaires :
– Aouh, Kons, tu as déjà fini ?
– Je reviens !

Je dévale l’escalier extérieur pour me ruer dans le magasin du dessous et me rafraîchir. Chemise plaquée au dos par la sueur, je fume une tige dans la fraîcheur artificielle d’une climatisation poussée à fond. Dehors, à l’ombre, des tama (hommes),  taille ceinte d’un manu, se prennent des bières. Haussement de sourcil en guise de bonjour maussade. Ils ont leur coupe-coupe en main. J’enfile deux boîtes de bière, salue tout ce beau monde de la main en me promettant de les éviter plus tard. Les mecs sont chauds. Ça va saigner ce soir.

De retour au taf pour un dernier tour d’horizon, je croise Kiko. On fait le point, rapidement. Lui aussi est pressé, il a un jogging avec ses potes.
– Tu viens courir avec nous ?
– Naaaaan merci !
Je n’ai qu’une envie, me casser de là, me barrer du bureau, me sauver de ce trou.

Pour toute évasion, je pars en voiture dans l’espoir de trouver un endroit où me perdre à l’abri des regards et des questions. Je me surprends à répéter sans hargne : « fais chier merde ». Et je finis par me garer devant l’unique solution du moment : le Yéti’s. Au moins le rade a-t-il le mérite d’être ouvert.

Whisky.
Les grains de riz dans la glace me rappellent l’Asie, mais je me ressaisis très vite, stoppe cette première divagation et son inévitable menu déroulant de souvenirs, d’images, d’amis et d’amours passés, cortège qui annonce généralement un orage électrique suivi d’une dépression violente avec consommation d’alcool à tuer un ours.
C’est que je suis observé par les quelques clients dans la salle et qu’il me faut rester crédible : toute île met rapidement son homme à nu.

Je casque mille francs-pacifique – soit un fafiot de cinquante balles.
Distrait par la fumée du clope qui me brûle les yeux, je n’ai qu’entrevu un blanc émacié s’installer à ma droite. Il me lance :
– C’est toi le nouveau ?
Je ne tourne pas la tête, me fends d’un très impoli :
– Ouais donc.
Le gars m’offre d’emblée un scotch. Le fils du Yéti me le colle aussitôt sous le nez. Rapide, le drôle. Je plante illico au sol le drapeau du chef :
– Merci, mais je te préviens, je ne remettrai pas la mienne. Je suis fatigué et j’ai du taf à abattre. Ceci dit, j’apprécie…
– Ça me va.
Stéphane, « Fano » pour les naturels du cru. Les yeux gris, bien enfoncés dans une tête d’os, les veines saillantes, il n’est que tension, vif comme un pitbull, physiquement dur et mentalement difficile à cerner.
Il tête son whisky, regard en biais. Méfiance.
Il s’épanche à petites doses. Fine mouche, il lâche un peu de lui dans l’espoir de recevoir beaucoup. Présent sur l’île depuis un bail, il vit avec une Wallisienne qu’il a rencontrée en Calédonie, alors qu’il était marsouin, pendant l’insurrection de 1987.
Tout en avalant le raide, je pense à Bashung. « Aujourd’hui c’est vendredi… Wanda et ses sirènes… »
– Fano, je suis fatigué. H.S… J’en peux plus, faut que j’aille rouler la viande dans le torchon.
Ce n’est qu’un demi-mensonge, mais qui ne suffit pas à me sortir de l’auberge. Tête-d’os insiste encore et encore pour me régaler une nouvelle fois. Je décline à la mesure de son entêtement, puis je me ravise. Ne jamais froisser les susceptibilités.
– Okay, un dernier, alors…
Les blablas d’usage. Les anecdotes d’ici et d’ailleurs. Le sucre cassé sur tous « les enculés qui nous entourent »…
Et puis il me plante sa banderilla dans le cuir : Kiko est à la veille de prendre la mer et a trouvé un repreneur du journal en la personne d’un ancien flic des Renseignements Généraux, un type qui a été en poste à Mata’Utu dix ans auparavant et s’est mis à la colle avec une Wallisienne dont il a eu un gosse, son épouse étant restée en France.
Un classique tropical.
Tête-d’os a un éclair moqueur dans les yeux. Ce fumier m’achève. Il repose doucement son verre d’alcool et me regarde dans les yeux.
– Y t’en a poussé un gros dans ton cul, l’autre pourri de nain ! »
Le nain, c’est Kiko, petit gabarit auquel il voue une haine à peine cachée.
Ce qui est une surprise ne devrait pas l’être, car le nain en question a évoqué cette possibilité devant moi, à mots couverts, le morceau étant trop gros pour que je puisse l’avaler. Moi, aux ordres d’un ex-flic ! Je ne voulais pas y croire et le résultat est là, servi tout chaud à table, sur un plateau d’argent !
Je dois faire une sacrée tronche car Fano éclate de rire, se lève et me balance une tape sur l’épaule.
– Tu t’en remettras. Allez, c’est moi qui offre…

Un hurlement me tire de mon K.O. technique.
C’est le Yéti qui déboule, visiblement torché comme un Cosaque. Fano revient à table, pose nos deux verres et s’allume un clope.
– Ça va chier. Les gamins vont dérouiller et la femme aussi.

À vrai dire, que le Yéti flingue sa famille, son chien et même ses voisins, c’est le moindre de mes soucis. J’ai d’autres préoccupations, très inattendues, et fort à faire avec la colère qui monte en moi.
Le genre de colère qui m’a mené à tout un tas de catastrophes professionnelles, du genre radical, sans retour possible.
Je n’ai même plus envie de rentrer me reposer ni d’être au calme.
D’ailleurs, à la maison, le calme, ce serait plutôt difficile, vu que je partage la cagna avec le foutu « Nain ».
Résultat des courses, j’ai la gerbe et je suis mal parti pour la soirée.
Un putain de keuf taulier du canard !
Histoire de panser mon ego, je me dis qu’il y a des marchands d’armes patrons de presse. Des ploutocrates papivores. Et même des bonnes femmes directrices de publication qu’on ne peut qualifier de putes, ce qui serait leur faire trop d’honneur, à la tête de magazines dans le vent et très comme il faut.
C’est ainsi.
Je dois me faire une raison.
C’est ma situation.
Constat pénible, mais c’est ainsi.

Je reviens à la réalité du lieu et du moment. Le Yéti est occupé à grogner dans ce qui doit être l’arrière-cuisine. Tête-d’os m’a faussé compagnie. Il est en train de s’entretenir avec un Wallisien visiblement amusé par son propos.

Ça me prend du temps pour me remettre de mon émotion, aidé de force whiskies offerts par Fano. À un moment, je fais signe de la main au Yéti qui, sa colère éteinte comme par enchantement, emplit le bar de sa présence. Il s’assoit face à moi. Aussitôt, Fano nous rejoint.
Visiblement, ils se connaissent. Potes mais pas amis. Je suis en train de me dire qu’un truc bizarre lie les deux gars quand je suis arraché à cette pensée par le Yéti, lequel rentre dans le dur du sujet.
– Tu le connais, Rodineau ?
– Qui ?
– Rodineau ! Cet enculé de flic !
– Non.
Le Yéti s’en frappe les cuisses des deux mains :
– Ben t’as une belle tête de cocu !

Et wouaf, wouaf, wouaf !

Là, je n’en peux plus.
Je passe ouvertement pour un con aux yeux de ces deux sauvages que je connais à peine et j’ai la vive impression, effectivement, de sentir du bois pousser des deux côtés de mon crâne. J’en viens même à connaître un début de honte, baisé comme un collégien que je suis.
Si je ne trouvais d’autre sens à mon séjour sur cette île que celui d’échapper au chomdu dans un bled de France déprimant à souhait, j’enverrai tout balader dès le lendemain. Non sans une dernière explication de gravure bien sentie avec Kiko et le fameux cogne sur le retour. Sans compter les deux z’associés du premier jour.
Mais me voilà maintenant impuissant et plein de colère, mauvaise chose s’il en est, à faire le plein de mon meilleur carburant, à indice d’octane propre à faire jaillir les pistons du capot !

De nouveau, je me raisonne.
Après avoir culbuté un énième raide, je décide de mon plan futur. Il est simple : faire chier Rodineau-le-flic à fond et, accessoirement, me venger de Kiko-le-nain.
Comment ? Pour l’instant je n’en sais foutre rien.
Mais espère : j’ai la patience du chasseur à l’affût et, de plus, je suis du côté du manche.
Sans moi, ils sont coincés. Qui serait assez fou pour venir se perdre à Wallis, Nulle-part s/Mer, pour un salaire de misère ?
Personne ?
Mais moi oui !
Je les tiens par les burnes, c’est à dire par le portefeuille, car tous sont accrocs au pognon – le temps m’en apportera la confirmation.

Du coup, ça va mieux. Me voilà psychologiquement regonflé à bloc.
Seul, je pourrais difficilement agir. Avoir un allié, voilà ce qu’il me faudrait. En avoir plusieurs serait meilleur encore, histoire de muscler mon entreprise de démolition.

Yéti junior booste le son. Il est remonté à fond. Digne fils de son père, bon sang ne saurait mentir.

‘Cause I’m T.N.T., I’m Dynamite
T.N.T. !
And I’ll win the fight
T.N.T. !
I’m a power load
T.N.T. !
Watch me explode !

Bon Scott, AC/DC, T.N.T., 1976.

(À suivre)

 

Les Wallis de Kons 03
Les Wallis de Kons 05

2 Responses to Les Wallis de Kons 04

  1. Gaby

    Tiens j’en connais un autre qui a dù séjourner à Wallis… Il chantait quelque chose comme :

    J’fais mon footing au milieu des algues et des coraux
    Et j’fais mes pompes sur les restes d’un vieux cargo
    J’dis bonjour, faut bien que j’me mouille
    C’est ma dernière surprise partie j’m’écrase le nez au hublot
    J’ai mon contrat d’confiance, l’encéphalo qui faut
    J’ai du bol, j’en vois un qui rigole…
    Oh Gaby, Gaby
    Tu devrais pas m’laisser la nuit
    J’peux pas dormir, j’fais qu’des conneries
    Oh Gaby, Gaby
    Tu veux qu’j’te chante la mer
    Le long, le long, le long des golfes
    Pas très clairs
    Aujourd’hui c’est vendredi et j’voudrais bien qu’on m’aime
    J’sens qu’j’vais encore finir chez Wanda et ses sirènes, et ses sirènes
    Oh, oh-oh-oh-oh !

    https://www.youtube.com/watch?v=DsofdQkZgm4

    On sent bien que la tension qui monte fait chauffer les câbles… attention à l’ampérage ça risque de disjoncter !

  2. Oliv'

    Allez quelques mots quand même au sujet de mon grand copain Stefan Zweig – Thierry connait déjà ma passion pour la fine plume autrichienne – dont je termine actuellement un masterpierce qui me laissera sans doute un signe pour longtemps :  » Le Monde d’hier  » vous connaissez ? Autobiographie, souvenirs d’un européen, livre testament…
    Le fait d’avoir appris tout récemment qu’il s’est suicidé le jour suivant avoir posté de son exil Brésilien le manuscrit original à l’attention de son éditeur ajoute au poids solennel du bouquin…
    Récit passionnant, parcours de la première moitié du siècle dernier d’une richesse incomparable, il a cotoyé les plus grands esprits de son temps, les plus grands talents artistiques, musiciens, peintres, acteurs de théâtre, et bien sùr quantité d’écrivains de grand renom dont beaucoup liés d’amitié…
    Une vie d’une richesse incomparable vous dis-je !
    Jusqu’au jour où un certain Adolf jetta son dévolu sur tout un continent et poussera le cher auteur à l’exil… puis au suicide.
    Avez-vous lu ses biographies ?
    Fouché, Marie-Antoinette, Marie-Stuart – trois bouquins extraordinaires !
    Mais pour rester dans le thème qui nous est cher à nous-ôtres de la France – l’Aventure ! – je me permets de conseiller deux ouvrages du maitre : un petit et un gros..
    Le petit : Amerigo, ou le récit d’une erreur historique, c’est à dire par quel mystère Amrigo Vespucci a laissé son nom à l’Amérique, lui qui ne l’a nullement découverte. Petit bouquin simplement génial.
    Le gros : Magellan. Le récit de la plus formidable épopée maritime de tous les temps… une aventure juste palpitante !
    Tiens c’est bien simple je vous envie d’avoir encore toutes ces merveilles àdécouvrir de mon cher Stefan Zweig !
    Bises à tous les vieux gars !

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