browser icon
You are using an insecure version of your web browser. Please update your browser!
Using an outdated browser makes your computer unsafe. For a safer, faster, more enjoyable user experience, please update your browser today or try a newer browser.

Les Guerriers perdus, le film – Épisode 01

Publié par le 16 février 2019

 

Grandissime scénario de film d’aventure et néanmoins d’exception par Thierry Poncet, adapté de son ô combien palpitant roman du même nom, paru aux remarquables et remarquées éditions Taurnada.

 

INT Nuit, mine

Une silhouette porteuse d’une lampe torche marche le long d’une galerie de mine étroite et irrégulière. On distingue, laissés là pour la nuit, des outils rudimentaires : pelles, pioches, brouettes…

Le cercle de la lampe torche s’immobilise sur un pilier de soutènement grossier et sur le vide qui sépare celui-ci de la paroi.

La silhouette s’accroupit. On devine qu’elle fouille dans une musette.

Le cercle de la lampe éclaire la main de la silhouette qui glisse dans le vide entre le pilier et la paroi un trio de bâtons de dynamite liés entre eux. Fixé au paquet explosif, un cadran dont l’aiguille d’alarme est réglée sur 6 H 00.

(À ce stade, une petite musique lancinante serait sans doute bienvenue. Qu’est-ce que tu en penses, Oliv’ ?)

 

INT Nuit, bureau

Une pièce très sombre aux murs de planches. On y distingue des registres et divers bouquins en désordre, plus du matériel de mine, des lampes à pétrole et des casques.

Une silhouette traverse silencieusement la pièce et s’accroupit devant un meuble en forme de cube. La silhouette allume une mini lampe torche qu’elle se glisse dans la bouche. À sa chevelure blonde et un rien de décolleté fort intéressant, on réalise qu’il s’agit d’une belle femme. Le mince faisceau de la lampe éclaire un coffre fort. La main de la femme compose la combinaison et ouvre la porte. À l’intérieur : des liasses de billets et des petits paquets de toile de jute. L’un d’eux, entrouvert, révèlent qu’ils renferment des pépites d’or.

 

EXT Nuit, campement

Deux véhicules de type pick-up, bien croûtés de boue, et un camion de chantier. Une silhouette se glisse sous le moteur de ce dernier. Plan sur ses mains fixent au bas de caisse un paquet de dynamite avec cadran réglé sur 6 H 00.

 

INT Nuit, bureau

La femme blonde est en train d’empiler dans un sac les paquets de pépites. À l’intérieur du sac, on distingue les liasses de billets déjà enfournées.

 

INT Nuit, mine

La silhouette de l’homme est accroupie devant un pilier. Ses mains y fixent un paquet de dynamite.

 

EXT Nuit, campement

L’homme fixe un paquet de dynamite sur un essieu et sort en rampant du dessous d’un pick-up.

 

INT Nuit, bureau

La femme blonde fourre le dernier paquet de pépites dans son sac. Elle en extrait un paquet de dynamite. Ses mains règlent l’aiguille du réveil sur 6 H 00.

 

EXT Nuit, campement

Trois silhouettes, dont la femme blonde, se rejoignent. Ils échangent en chuchotant des paroles en russe, puis disparaissent à pieds dans la nuit.

 

CUT

 

EXT Jour, forêt

Vue aérienne : un pan de colline recouvert d’une jungle au tissu serré, vert sombre.

Banc-titre :
Île de Mindanao, Philippines, 1982

La caméra se rapproche. On finit par distinguer non une clairière mais une zone un peu moins boisée que les alentours dans laquelle s’élève le campement qu’on a vu dans l’obscurité au cours de la séquence précédente. Il y a un bâtiment, une sorte de hangar de bois et de palmes muré sur une moitié, préau dans l’autre. En part un chemin boueux, rougeâtre, d’une trentaine de mètres, qui mène au trou noir, très petit, d’une entrée de mine.

 

EXT Jour, campement

D’un hamac monstrueusement distendu sort à moitié Baltimore, un individu obèse, chevelu et barbu, au poil très noir et à la peau café au lait. Il se gratte la tignasse, s’étire et jette un coup d’œil à sa montre.

Plan sur la montre : 5 H 55.

 

EXT Jour, campement

Plans de coupe montrant diverses activités du camp au réveil : une soixantaine de Philippins et une dizaine de « Blancs ». Caméra à l’épaule. Effet reportage. Il doit se dégager de la séquence une impression de paisible routine.

Des ouvriers rassemblés autour d’une cantine rudimentaire boivent du café et mangent du riz. Plan sur la cuisinière avenante, rigolarde, flanquée de sa mignonne petite fille. Des groupes s’affairent sous le préau autour du matériel entreposé là et de la masse carrée d’un tamis mécanique. Un trio joue à un jeu de cartes. Le jeune Haig, 19 ans, le futur héros de l’histoire, que sa coupe militaire à ras ne parvient pas à vieillir, boit une bière et fume une clope à l’écart de tous, en regardant rêveusement la forêt. À l’entrée de la mine, les mineurs commencent à se faufiler dans le trou, les uns avec des lampes, d’autres poussant des brouettes. Un père ferme l’anorak de son très jeune fils puis le pousse vers le trou avec une claque d’encouragement sur l’épaule…

 

EXT Jour, entrée de mine

Le fracas de l’explosion, assourdissant. L’image vacille. Une flamme jaillit de l’entrée de la mine, projetant devant elle les morceaux du père et de son gosse.

 

EXT Jour, véhicules

Des Philippins sont occupés à charger des sacs sur la remorque du camion. Un autre, après avoir échangé une plaisanterie avec un copain, s’assoit au volant d’un des pick-ups.

Tout explose.

 

EXT Jour, campement

Le hangar explose à son tour en plusieurs détonations et s’effondre, ensevelissant sous des décombres en feu ceux qui se trouvaient en dessous.

 

CUT

 

EXT Jour, campement

Caméra à l’épaule, effet reportage, spectacle de désolation. Tous les gestes des personnages sont lents, empreints de stupéfaction.

Les carcasses des véhicules tordues et carbonisées, toujours en feu. Les ruines du hangar, pareil. La cuisinière entraperçue plus tôt, la moitié du visage brûlé, berce contre sa poitrine le cadavre de sa petite fille. Des Philippins alignent des cadavres sur le sol…

Le gros Baltimore, déjà aperçu, étouffe au moyen d’une couverture le feu qui s’élève d’un blessé – un occidental. Y étant parvenu, il examine le type atrocement brûlé dont le corps fume encore.

Le type (yeux cramés) :
I can’t see, Jesus, I can’t see…

Baltimore soupire, dégaine le flingue qu’il porte à la hanche et achève le type d’une balle dans la tête. L’éclat du coup de feu immobilise un bref instant les autres puis la lente activité reprend.

Baltimore (rengainant) :
Fucking putain de scheisse !

 

EXT Jour, campement

Deux paires de pieds chaussés de santiags voyantes marchent avec précaution parmi les ruines fumantes du hangar. On distingue des outils tordus, des débris de vaisselle, un magazine de cul asiatique à demi cramé…

Les santiags s’immobilisent devant un cadre de photo au verre brisé. Le cliché montre la très belle femme blonde – la voleuse de cette nuit – amoureusement enlacée à un costaud brun au crâne rasé et à moustaches. Derrière le couple, un homme plus petit, trapu, moustachu lui aussi mais blond, torse nu, rigole, les deux poings sur les hanches.

Une main large aux doigts chargés de grosses bagues en or se saisit du cadre.

Plan sur l’homme qui a ramassé la photo : c’est celui que la blonde tient enlacé, Carlo. À côté de lui se tient l’homme blond, Félix.

Carlo :
Vanda… Quelle salope !…

Félix :
Ça… Comme coup de pute, on fait pas mieux !

Carlo :
J’ai rien vu venir. Vanda, merde… Quel con !…

Félix :
Personne s’est douté de rien. On peut dire qu’elle nous l’a mis profond. À tous.

Les mains de Carlo récupèrent la photo et rejettent le cadre à terre.

 

EXT Jour, campement

Plan sur les cadavres, en nombre impressionnant, au moins une trentaine.

Panoramique lent de gros plans sur les visages des Philippins survivants accroupis en groupe. Les expressions sont hostiles, les regards durs. L’un d’eux crache par terre.

Plan général : les Philippins sont regroupés dans un coin, observant les Occidentaux réunis autour d’un feu de fortune. Ceux-ci ont des quarts de café en main. Le jeune Haig, qui vient de se servir (en dernier) tend la cafetière vers le groupe des Philippins dans un geste d’invite.

Les regards des Philippins s’écartent dédaigneusement. L’un d’eux adresse à Haig un très sec geste de refus.

Carlo jette un dernier coup d’œil à la photo qui le montre en compagnie de Vanda puis jette celle-ci dans le feu.

Gros plan sur Carlo. Immobilisation de l’image.

Banc-titre :
Carlo. 36 ans. Français d’origine italienne. Aventurier international. Recherché par plusieurs polices d’Amérique latine et du Proche-Orient. Dangereux.

L’image s’anime.

Carlo :
Les gars ?

Au redressement des épaules et aux mines soudain attentives des autres, on reconnaît l’autorité du chef.

Carlo :
On va prêter un serment… Jurons de retrouver cette pute de Vanda, même si ça doit prendre un an, deux ans, dix ans…

Plan de coupe : la photo en train de se consumer ou seule reste l’image de Vanda, laquelle commence à se recroqueviller à son tour.

Carlo :
Promettons de la retrouver et de lui faire payer ça !

Gros plan sur Félix qui lève lentement la main droite.

Banc-titre :
Félix. 33 ans. Français. Aventurier international. Recherché pour meurtre en France. Lieutenant et ami de Carlo depuis quatre ans. Dangereux.

Gros plan sur Karzan qui lève la main. Un homme aux traits orientaux, osseux, aux yeux très bleus et au visage barré d’une farouche moustache poivre et sel en crocs.

Banc-titre :
Karzan. 47 ans. Le doyen de la bande. Kurde de Turquie. Militant terroriste du PKK. Auteur de plusieurs attentats. Tête mise à prix en Turquie. Impliqué dans plusieurs trafics entre l’Asie du Sud-est et l’Irak.

Gros plan sur Boogie, un jeune homme un peu mou aux cheveux graisseux, en salopette maculée de cambouis.

Banc-titre :
Boogie. 29 ans. Français. Mécanicien de formation. Condamné à de nombreuses peines légères pour vols de voiture. Impliqué dans un trafic de poids-lourds avec l’Europe communiste.

Boogie hausse les épaules et lève la main sans conviction particulière, pour faire comme les autres.

Gros plan sur Loum, asiatique au visage simiesque, front bas et oreilles décollées, qui hoche vigoureusement la tête et lève la main.

Banc-titre :
Loum. Âge indéterminé. Thaïlandais. Ancien boxeur passé au service de la mafia thaïlandaise. Tueur à gages. Tête mise à prix en Thaïlande et à Singapour. Dangereux.

Gros plan sur la tignasse et la barbe hérissée de Baltimore qui lève la main en rigolant.

Banc-titre :
Baltimore. 33 ans. Citoyen américain natif du Maryland. Métis de Juif par son père issu d’une famille de Hassidim, et d’afro-américain par sa mère. Ingénieur en aéronautique de formation. Réputé comprendre et parler plus de trente langues. Aventurier international. Recherché par le FBI. Extrêmement intelligent et extrêmement dangereux.

Gros plan sur Haig, le jeune homme à l’air adolescent déjà aperçu.

Banc-titre :
Haig. 19 ans. Le benjamin. Français de père irlandais et de mère yeniche. Apprenti aventurier.

Haig observe le cercle de ses aînés, tous la main levée, et les imite.

 

Écran noir

 

(À suivre…)

 

 

Episode 24 : Arrivé au but
Les Guerriers perdus, le film – Épisode 02

11 Responses to Les Guerriers perdus, le film – Épisode 01

  1. Le cosmonaute

    J’ai l’impression de la vivre. Super !

  2. Oliv'

    Les vieux gars le décor est planté…manque plus que la bande son… Silence !

    Moteur…

    Ça tourne !

  3. Marie-Christine ZOLEZZI

    Bravo Thierry. Pour tout ! Prenez soin de vous.

  4. Tonio

    autre bande son pour cette intro qui en mérite :

  5. Tonio

    et après l’explosion :

  6. ALEKOS
  7. ALEKOS

    Je disais donc…cool.. la bande son…

  8. Yo

    Salut Thierry…où en est la progression de « zyke l aventure « ?merci d avance.

  9. Yo

    Le film …bien entendu …

  10. Laszlo Carreydas

    Visage simiesque.. euuuh…qui ressemble à Sim ? Rhôôô j’ai pas pu m’empêcher! Bon d’accord je sors… Par contre Haig de mère yeniche là je sèche… ciao

  11. Tonio

    les plus belles chansons n’ont pas toujours été chantées par les plus belles, exemple :

Laisser un commentaire