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Les Guerriers perdus, le film – Épisode 14

Publié par le 18 mai 2019

 

D’après mon roman Les Guerriers Perdus, éditions Taurnada, 235 pages, 9,99 €.

 

INT Jour, chambre d’hôtel de Carlo et Félix

Carlo et Félix sont assis chacun sur leur lit. Haig occupe un fauteuil, Karzan une chaise. Loum est à la fenêtre.

Plan sur l’extérieur : un chopper remonte l’allée d’accès et se range devant l’entrée de l’hôtel. Le pilote est le membre du club de bikers Havana Toros qu’on a déjà vu. Le passager, c’est notre gros « copain ».

Loum (se détournant de la fenêtre) :
Baltimore c’est venir.

 

INT Jour, chambre

Baltimore entre dans la chambre, suivi du « toro ». Il a un attaché-case à la main.

Baltimore (grand sourire) :
Salut, amigos mios !

Il ouvre l’attaché-case, le retourne, montrant la petite fortune en dollars qu’il contient, le pose sur le lit à côté de Carlo, tend les bras vers celui-ci.

Baltimore :
Carlo.

Après un instant d’hésitation, Carlo se lève et lui donne l’accolade.

Carlo :
Baltimore.

Les autres se rapprochent et donnent chacun leur tour l’accolade à Baltimore.

Baltimore :
Félix…. Karzan… Petit Haig… Loum, mon singe préféré (rire) !

Le biker cubain observe tout ce cérémonial d’un air un peu distant, presque moqueur. Chacun se rassoit. Baltimore s’appuie au mur, bedaine en avant, désigne le cubain du pouce.

Baltimore :
L’affaire est engagée, grâce à mes copains. Pablo ?

Pablo croise les bras, soupire comme s’il s’agissait d’une corvée.

Pablo (la voix traînante) :
Je téléphone. Je laisse le message. Je téléphone encore. Je parle à la femme. Je dis l’attentat du casino indien c’est nous les Havana Toros. Je dis c’est la déclaration de guerre de nous. Elle vole la boîte de nuit aux Toros, les Toros prennent la boîte à elle. Ou alors la femme paye. Ou alors les Toros ils entrent dans la boîte. Ils tuent.

Baltimore :
Qu’est-ce que je vous avais dit, hein, stronzi ?

Carlo :
La paix, Baltimore. Nous casse pas les couilles, d’accord ?

Baltimore éclate de rire et tend les mains vers les autres, l’air de dire : « vous voyez comment il me traite ? ».

Pablo :
La femme dit de venir à Wendy’s. Je dis pas question. Je coupe la communication. J’attends. Je téléphone encore. La femme dit d’accord pour rendez-vous dehors. Elle dit dans endroit public. Je dis c’est d’accord.

Carlo :
Où ? Quand ?

Pablo :
Nous ne disons pas encore. Demain je téléphone autre fois. Peut-être on sait demain.

Carlo :
Ça nous dit pas où.

Baltimore :
Attends ! Laisse-le parler…

Pablo :
Je propose le bar du Fontainebleau. C’est l’hôtel sur Collins avenue. Très chic. Sans doute je pense la femme accepte.

Baltimore (éclatant d’un rire d’ogre triomphal) :
Vous pigez, boyos ? Du Wendy’s au Baltimore, il n’y a qu’un chemin possible. On se place quelque part et… (Il frappe du poing dans sa paume).

Un murmure d’approbation de tous, à l’exception de Carlo.

Baltimore (montrant l’argent) :
La monnaie, c’est pour monter l’opération. Disons que c’est ma contribution personnelle.

Carlo :
D’où il vient, ce fric ?

Baltimore :
Une affaire avec des Vénézuéliens. De la méth. Ça me regarde. (Il écarte les bras, théâtral, et tourne sur lui-même). Maintenant, préparez le piège, dites-moi ce dont vous avez besoin, je suis à vos ordres, messeigneurs !

Tous approuvent joyeusement, sauf Carlo qui reste sombre.

 

CUT

 

EXT Jour, carrefour

Toute la bande suit Baltimore jusqu’à un carrefour à proximité d’un bâtiment désaffecté qu’on a déjà remarqué. Baltimore montre plusieurs directions et emplacements. Les autres approuvent.

 

INT Jour, garage

Karzan et Loum dans le garage que nous connaissons déjà, ou a été achetée la Subaru. Karzan, en combinaison de travail, s’emploie à souder un pare buffle à l’avant d’un petit 4×4 Pajero. Montage de plans courts montrant l’avancée des travaux.

Le pare buffle est posé. Loum appuie des deux mains dessus pour en éprouver la solidité. Il se redresse et rigole.

Loum :
Ah, ah, badaboum !

Karzan (souriant) :
Badaboum, vieux. Bada de badaboum !

Loum (enthousiaste) :
Bada de badaboum !

 

INT Nuit, parking souterrain

Pablo conduit Carlo et Félix le long de rangées de voitures jusqu’à un fourgon auprès duquel ils sont accueillis par des membres d’un autre club de motards (Les Sons of Anarchy, ce serait parfait !).

Les bikers les invitent à monter à l’arrière du fourgon.

 

INT Nuit, fourgon

Les bikers fournissent des fusils-mitrailleurs courts, copies de Skorpios russes, et des shot-guns, plus les munitions. Carlo et Félix examinent les armes, opinent, payent.

 

EXT Jour, entrée du parking

Carlo et Félix sortent du parking. Félix porte l’arsenal dans un sac de voyage. Ils s’éloignent.

 

INT Jour, garage

Karzan examine le moteur d’un fourgon Bedford bleu-nuit tandis qu’un mécano noir fait vrombir le moteur dont le rugissement indique une puissance inattendue. On aperçoit le Pajero doté de son pare-buffle à l’arrière-plan. Karzan lève le pouce d’un air satisfait.

 

INT Jour, chambre de Carlo et Félix

Toute la bande, plus Pablo, réunie autour du lit de Félix couvert de papiers, dont un plan, et de cartons de pizzas.

Carlo :
Bien. Maintenant, les explosifs.

Pablo remet à Baltimore un paquet de plastique que celui-ci déploie, mettant à jour deux briquettes de Semtex qu’il tend à Carlo. Il lui donne ensuite deux petits détonateurs et des piles. Carlo passe le tout à Haig.

Carlo :
Le plus probable, c’est que la bagnole soit blindée. Tu fourreras de la pâte aux jointures des portières et tu les feras sauter, d’accord ?

Haig :
Bien.

Carlo :
Tu seras sûrement très exposé à ce moment-là. On doit s’attendre à de la riposte immédiate. Tu devras faire très vite. Mais il faut que ces portières s’ouvrent, à n’importe quel prix…

Karzan :
Je peux le faire.

Carlo :
(À Karzan) : Non, le jeune sera plus rapide. (À Haig) : D’accord ?

Haig :
Pas de problèmes.

Il prend l’emballage des mains de Baltimore et réemballe les pains de Semtex.

 

CUT

 

EXT Jour, fin d’après-midi, carrefour

Une avenue (Alton Rd) croise une rue secondaire (La Gorce Drive). Alton Road enjambant à cette hauteur un bassin, le carrefour est compliqué d’un pont au-dessus dudit bassin et d’impasses qui conduisent à des propriétés de luxe. À l’angle opposé du plan d’eau s’élève un building vide, ancien hôtel attendant des travaux de rénovation.

Un crachin inhabituel tombe sur Miami Beach, crépitant sur l’eau du bassin, faisant ployer les branches des palmiers et couvrant le bitume de flaques. Derrière le rideau de pluie, l’immeuble en réfection est une masse obscure, sinistre, derrière les grilles de protection provisoires qui l’entourent. La circulation est inhabituellement rare sur Alton, quasiment inexistante sur La Gorce.

Le Pajero à pare-buffle s’engage lentement sur le pont. Le chauffeur profite de l’absence de véhicules pour exécuter un demi-tour et se ranger dans une courte ruelle qui longe le bassin, pare-buffle pointé vers l’avenue. Loum en sort. Il est en combinaison noire, une casquette de même couleur sur la tête.

Loum (ricanant) :
Bada de badaboum !

Contrechamp : le Bedford bleu-nuit arrive d’Alton rd, s’engage sur La Gorce et se range le long des grilles du chantier d’hôtel.

 

INT Jour, cabine du Bedford

Félix est au volant, Carlo sur le siège passager, Karzan derrière. Tous sont en treillis noirs et bonnets de commandos.

Carlo se frotte le menton en observant l’extérieur, préoccupé. Il se penche pour examiner la façade aveugle de l’hôtel.

Félix :
Ça va ?

Carlo se rencogne sur son siège et soupire.

Félix :
Eh, ça va, veux frère ?

Carlo :
Ça va… Ça va…

Félix jette un coup d’œil au rétroviseur dans lequel le reflet de Karzan et lui échangent un regard inquiet.

Par la fenêtre de Carlo, on voit la Subaru dépasser le van, puis profiter d’une entrée de propriété pour faire demi-tour et se ranger, capot faisant face au carrefour. Haig en descend. Carlo fait baisser sa fenêtre et lui adresse un salut de la main. Haig répond en levant le pouce : « tout baigne ».

Une voiture dépasse le fourgon, pneus chuchotant sur la couche de pluie. Une autre. Une autre encore.

La musique d’un blues électrique se fait entendre en sourdine, bientôt étouffée par le boucan d’un moteur 4-temps.

Un chopper s’arrête à hauteur du van. Le pilote, un Havana Toro inconnu s’adresse à Carlo.

Pilote (espagnol s.t.) :
La femme derrière, cinq minutes !

Le chauffeur remet aussitôt les gaz. La bécane s’éloigne. La musique reprend ses droits, en crescendo.

Carlo :
Okay, les gars. Showtime.

À l’arrière, Karzan soulève un pan de la banquette, découvrant une planque dont il sort des Skorpios, qu’il passe à Carlo et Félix, et un shotgun qu’il garde pour lui.

Plans sur les mains qui arment les culasses.

 

EXT Jour, presque crépuscule, carrefour

La musique monte encore en volume.

Plans successifs sur Loum qui remonte dans le Pajero et démarre le moteur, Haig planté à côté de la Subaru, le van avec la silhouette de Carlo à la fenêtre, la haute façade de l’hôtel, sinistre et noire.

Plan sur Alton road et une limousine Mercedes qui s’approche.

 

EXT Jour, Alton road

Plan rapproché de la Mercedes. On devine à l’arrière l’abondante chevelure blonde d’une femme.

 

INT Jour, fourgon.

Gros plan sur Carlo.

Carlo :
Enfin…

 

(À  suivre)

 

Les Guerriers perdus, le film – Épisode 13

6 Responses to Les Guerriers perdus, le film – Épisode 14

  1. le roi BB

    T’as dit blues électrique ? Ah pas de problème tu tapes dans mon rayon j’ai ça en magasin…c’est du 3 étoiles !

  2. Thierry Poncet

    Yeah !!!!!!!

  3. Oliv’

    Finalement la blonde arrive enfin ? Elle va se montrer en decendant de voiture… ouh là il faut pas se planter sur la musique! Il y aurait peut-être déjà le somptueux “thrill is gone” , dernier track de l’album précédemment cité du géant BB King, qui pourrait coller aux ondulations de sa plastique de rêve, mais laisse-moi chercher dans mes bacs ; si d’aventure j’anticipe la scène avant de l’avoir lue tu ne m’en voudras pas j’espère… à+…

  4. Thierry Poncet

    Tu es chez toi sur ces pages, Amigo…

  5. Alfred H

    Grazie 1000… loin d’être facile en tout cas…

    Voyons… la blonde Vanda s’apprête à descendre de la Mercos super-luxe, le rythme ralentit, gros plans successifs sur les regards, d’abord le sien en reflet dans le retro intérieur de la voiture, successions de plans serrés sur les regards inquiets des azeris, ensuite le sbire qui descend et lui ouvre la porte, trrrrès lentement, on voit au ralentit un escarpin de luxe se poser et la caméra remonte le long d’une jambe fuselée et gainée de noir nylon, au ralenti toujours, la belle se redresse et on peut voir son effet dans les yeux de la bande, Loum, Haig, Carlo… le temps semble s’être arrêté pendant qu’elle fait les quelques pas qui la séparent du hall d’entrée, alors qu’elle jette un dernier regard en retrait avant de disparaitre cachée par ses sbires, dernier gros plan de Haig… médusé.

    Fascination, danger, peur, désir, beauté fatale… il doit y avoir tout ça dans la musique non ?

  6. Alfred H

    …ensuite si l’attente et le suspens devaient se prolonger, alors un savant mixage s’impose pour créer une ambiance “légèrement pesante”… par exemple ça j’adore…

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