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Les Guerriers perdus, le film – Épisode 15

Publié par le 25 mai 2019

 

D’après mon roman Les Guerriers Perdus, éditions Taurnada, 235 pages, 9,99 €.

 

EXT Jour, carrefour, plan large

Blues électrique en sourdine. (B.B King, voir épisode précédent).

Alton road en enfilade. On voit :
– À droite la façade aux pièces béantes et noires de l’immeuble en chantier. Rangé contre le grillage de protection de celui-ci, le fourgon bleu nuit avec à son bord les deux silhouettes de Carlo et Félix.
– À gauche, la Subaru de Haig.
– En arrière-plan, Loum grimpe à bord de son Pajero pourvu d’un pare-buffle.

 

EXT Jour, Alton road

Une Mercedes aborde le carrefour. Elle roule lentement. On distingue à l’arrière l’abondante chevelure blonde d’une femme.

 

INT Jour, fourgon, habitacle

Carlo a sorti son portefeuille de sa poche et en a tiré une vieille photo en noir et blanc aux pliures usées. Gros plan sur celle-ci. On reconnaît le portrait de Vanda et Carlo qu’on a déjà observé dans les décombres de la mine d’or aux Philippines (épisode 01). On se rapproche de Vanda : ses longs cheveux blonds, ses pommettes hautes, son menton volontaire, l’air de défi dont elle regarde l’objectif.

Les doigts de Carlo rangent la photo dans le portefeuille.

 

EXT Jour, Alton road

La Mercedes dont la calandre vient embrasser la caméra.

 

INT Jour, fourgon

Félix au volant. Carlo achève de ranger son portefeuille dans sa poche. On distingue Karzan à l’arrière, P.M. Skorpio dans la saignée du bras.

Félix (compatissant, fraternel) :
Tu y tiens vraiment ?

Carlo (armant son Skorpio) :
Plus que jamais.

Il pose son Skorpio en travers de ses cuisses, arme son pistolet, le glisse dans sa ceinture.

La musique grimpe en volume.

 

EXT Jour, carrefour, ruelle

Le Pajero de Loum rugit et bondit en avant.

 

EXT Jour, carrefour

La Mercedes arrive à hauteur du pont. Le Pajero de Loum vint la frapper à hauteur de la roue avant.

Le Pajero rebondit, tournoie sur lui-même et va s’encastrer dans la rambarde du pont.

 

EXT Jour, carrefour

La Mercedes est un peu froissée à l’aile, la roue légèrement faussée. Elle parcourt encore quelques mètres d’une trajectoire un rien bancale et s’arrête. On distingue à l’intérieur la femme blonde tentant de résister, secouant négativement sa chevelure blonde, à un homme qui semble la tenir par l’épaule.

 

INT Jour, Pajero

Loum couvert de verre brisé. Il s’ébroue comme un boxeur touché par un coup, sourit, dévoilant ses dents de carnassier.

Loum :
Bada boum boum !

Il déboucle sa ceinture et se propulse à l’extérieur par la fenêtre défoncée. Dès que ses pieds touchent le sol, il dégaine un flingue.

Loum :
Badaboum !

Il se met à courir vers la Mercedes.

 

INT Jour, fourgon

Carlo ouvre sa portière d’un coup d’épaule.

Gros plan sur Karzan.

Karzan :
Je témoigne qu’il n’y de dieu que Dieu et que Mahomet est son prophète.

Il ouvre à la volée la porte latérale.

 

EXT Jour, carrefour, montage de plans courts

Les portières avant et latérale du van bleu ouvertes dont jaillissent Carlo, Félix et Karzan, armes aux poings.

Plan général : la Mercedes immobile en travers de l’avenue ; la portière avant du van s’ouvre, Carlo saute à terre ; Haig debout près de la Subaru ; Loum court vers la Mercedes.

Haig. Close-up sur sa main qui tient un bâtonnet de Semtex, détonateur enfoncé au bout. Haig se met à courir.

Loum s’immobilise, lève son arme, vise.

Plan sur la façade de l’hôtel en réflexion, ses fenêtres noires, très noires.

Carlo, Félix et Karzan courent calmement, à petites foulées, se déployant sur toute la largeur de l’avenue.

Mercedes. La portière arrière s’ouvre. La femme blonde en sort de manière étrange, comme propulsée de force de l’intérieur. Elle atterrit à quatre pattes, son riche manteau de fourrure lui faisant comme une carapace.

Haig arrive à dix pas de la Mercedes, brandissant son bâtonnet de Semtex.

La femme blonde lève le visage vers lui. On se rend compte que c’est une très jeune fille affublée d’une perruque, qui ne ressemble en rien au portrait de Vanda.

Haig (stoppant net) :
Oh les enculés !

La fille (hurlant) :
Non ! S’il vous plaît ! Non !

Haig jette le bout de Semtex au loin.

La Mercedes démarre en trombe. Haig bondit de côté mais elle le frôle.

Une pluie de balles s’abat sur la scène. Sons : les rafales nerveuses de fusils-mitrailleurs ponctuées de toux de shotguns.. La fille à genoux, toujours suppliante, est touchée à l’arrière de la tête. Elle reste un instant interdite puis s’abat en avant. Sa perruque platine glisse à terre, trempée de sang.

Loum au sol. Son corps tressaute sous des dizaines d’impacts qui sont autant de geysers de chair et de sang.

Une voiture de passants dont le pare-brise éclate vacille de droite à gauche et finit par s’encastrer dans le grillage de l’hôtel en réfection.

Le Semtex jeté à terre, près d’une flaque, explose.

Haig tourné vers les autres, la main levée.

Haig (criant) :
Piège ! À couvert ! Repli, repli, repli !…

Gros plan sur Karzan dont la tête explose.

Plan sur la façade de l’hôtel en réfection. D’une demi douzaine de fenêtres obscures jaillissent les flammes de coups de feu.

 

EXT Jour, carrefour

Tout en tirant en direction de l’hôtel, Carlo, Haig et Félix arrivent au fourgon, environnés de projectiles miaulant. Des balles trouent la carrosserie. Du verre explose.

Une deuxième voiture de passants s’arrête, criblée d’impacts. Derrière, une autre freine en crissant des pneus et fait précipitamment demi-tour.

Félix grimpe au volant du fourgon. Carlo empoigne Haig par l’épaule et le propulse à l’intérieur. Félix démarre. Le moteur rugit. Carlo s’apprête à monter à son tour, mais il gicle sur le côté, touché au flanc. Haig lui tend la main. S’accrochant à son bras, Carlo parvient à monter à l’intérieur.

 

EXT Jour, Alton road

Le van s’éloigne, troué de balles, tortillant du cul.

 

CUT

 

EXT Jour, une rue peu fréquentée

Le fourgon bleu roule doucement entre deux files de voitures parquées. Les vitres sont brisées, un des pneus avant crevé. Il s’arrête.

Haig en descend. Il va à une des voitures rangées, en casse la vitre de portière, l’ouvre et se met au volant. Tandis qu’il dénude les fils du démarreur, Félix descend du van, soutenant à grand peine Carlo qui vacille à chaque pas.

Haig démarre la voiture. Félix aide Carlo à se glisser sur la banquette arrière. Ils s’en vont.

Plan sur le fourgon abandonné au milieu de la rue, portières ouvertes. Sons : des sirènes de police lointaines.

 

EXT Jour, rues de Miami

La voiture traverse un pont en direction du downtown de Miami.

 

INT Jour, habitacle

Haig au volant, Félix sur le siège passager, tourné vers Carlo affalé sur la banquette arrière. Carlo est livide. Il porte la main à la plaie de son flanc droit.

Plan sur sa main couverte de sang très épais, presque noir.

Carlo :
C’est le foie. Je suis foutu.

Félix tape du poing le haut de son dossier.

Haig :
Il nous faut un toubib. On va à Little Havana, Baltimore va nous…

Félix (l’interrompant) :
T’es con, c’est ça ? Tu piges pas ? C’est Baltimore qui a monté le piège. C’est des mecs à lui qui nous ont canardé. Il est avec Vanda. Il nous a baisés, cet enculé ! Baisés comme des puceaux ! (En rage, il massacre  le tableau de bord du poing). Si on se pointe à Little Havana, on est morts !

Haig :
Alors ?…

Félix :
Roule, connard !

Il se retourne vers la banquette arrière, regardant intensément Carlo, comme un amant regarderait une femme aimée. Carlo qui lui rend son regard.

Musique tire larmes, genre Delerue.

 

EXT Jour, autoroute

La voiture emprunte une bretelle de sortie.

 

INT Jour, habitacle

Carlo s’est affaissé en arrière sur le dossier, la tête abandonnée. D’un regard vitreux, il suit le défilé des reflets des buildings de Fort Lauderdale qui glissent sur la vitre de fenêtre.

Flashes-back : Carlo plus jeune au volant d’un camion dans un paysage désertique. Carlo et Félix derrière un muret criblé de balles, faisant le coup de feu contre des soldats africains. Carlo et Félix à bord d’un voilier en compagnie de jolies filles joyeuses et dénudées…

Retour au présent. Carlo porte péniblement sa main à son flanc, jette un coup d’œil au sang qui la macule, laisse échapper un grondement de douleur. Il regarde de nouveau Félix qui ne le quitte pas des yeux. Il lui adresse un sourire douloureux.

Flashes-back : Carlo attablé avec toute la bande sous le préau de la mine des Philippines. Rigolade générale : Félix, Karzan, Haig, Baltimore, Boogie… et Vanda. Carlo et Vanda devant une cantine emplie de pépites d’or, ils contemplent ce trésor puis se regardent et se sourient. Carlo et Vanda font l’amour dans la demi-obscurité de la chambre, les reflets de la lune jouant sur leurs corps…

Retour au présent. Carlo tousse. Du sang jaillit de sa bouche et coule sur son menton. Il se redresse dans un dernier effort puis baisse très lentement la tête, jusqu’à ce que son menton touche sa poitrine.

 

INT Jour, habitacle, à l’avant

Félix reste un moment immobile, retourné, le regard vers la banquette arrière. Enfin, il détourne le regard et s’assoit, le regard dur fixé vers le pare-brise.

Haig (au volant) :
Alors ?

Félix (dents serrées) :
Roule.

 

(À suivre)

 

Les Guerriers perdus, le film – Épisode 14
Les Guerriers perdus, le film – Épisode 16

4 Responses to Les Guerriers perdus, le film – Épisode 15

  1. Jean-Seb

    Oui Delerue c’est bien encore que pour la séquence pathos moi j’aime aussi le Mathaus Passion oeuvre d’un certain Jean-Sebastian Bach, déjà suggéré à l’épisode 13, on se répète ..! Pour la séquence canardage j’ai peur qu’il y ait trop de boucan pour une musique en sourdine !..boucan d’enfer…Tiens ça me rappelle quelqu’un… ciao de Insbruck en direction de Hannovre, plein nord !

  2. Ern Hem

    Du nord de l’Allemagne j’adresse un salut amical – “grüß gott!” comme on dit par ici – à tous les blogers a achant bloguer alors que je suis baigné de littérature puisque dînant au restaurant Hemingway à Peine dans la banlieue de Hanovre mais quand j’ai demandé à la sympathique et accorte serveuse ce qui vaut ce nom au restaurant, serait-il passé aussi dans la région le valeureux barbu dont les photos ornent l’escalier qui mène aux cagouinces, elle a eu l’air très surprise de ma question du genre “qu’est-ce qu’il me veut celui-là encore un avec une idée derrière la tête alors que pas du tout moi vous me connaissez comme disait souvent un ami à moi… je me réfèrais en fait au bouquin dudit Hemingway que je termine actuellement dans lequel il racconte par le menu de nombreux hivers passés à skier en Autriche, lui que l’on connait plutôt pour sea séjours prolongés à Cuba, ou en Espagne, voire sur les pentes du Kilimanjaro, bref un écrivain qui a roulé sa bosse lui aussi. Pour les septiques, lire ou relire “Paris est une fête” Salut les vieux gars…!

  3. Uncle Tom

    …en tous cas la musique Cajun ne s’écoute qu’à jeun…! Ooah! Je tenais beaucoup à la placer celle-là elle m’est venue dans la nuit ! Ciao bonne journée !

  4. ALEKOS

    Jeu de mots façon Paulo- le-pourri…Montaigne mort de rire…Atelier pirogue…

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