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Les Guerriers perdus, le film – Épisode 16

Publié par le 1 juin 2019

 

D’après mon roman Les Guerriers Perdus, éditions Taurnada, 235 pages, 9,99 €.

 

EXT Jour, patelin

Une petite ville du sud des U.S.A traversée par une route. La voiture de Félix et Haig se range devant le petit centre commercial. Félix est au volant. Par la fenêtre arrière, on distingue le corps de Carlo sous une couverture. Haig descend de voiture et se dirige vers l’entrée du magasin. Malgré le soleil qu’on devine brûlant, son blouson est fermé jusqu’au col.

 

INT Jour, magasin

Haig à la caisse. Il achète du désinfectant, du coton hydrophile, des cigarettes et du bourbon.

 

EXT Jour, cambrousse

La voiture arrêtée au bord d’un chemin reculé parmi des étangs. Les deux hommes ont posé désinfectant et bourbon sur le capot. On les découvre blessés : Haig à l’épaule, chemise trempée de sang ; Félix au pied droit. Il peine à ôter sa botte dont le bout a éclaté sous l’impact. Son gros orteil est très amoché.

Ils se soignent, alternant applications de désinfectant et rasades d’alcool.

Haig :
C’est pas beau. Tu ne vas pas pouvoir rester sans soin.

Félix (agacé) :
Qu’est-ce que tu veux que j’y fasse ? Aller à l’hosto ? (Il se déchausse de sa deuxième botte, la jette parmi les hautes herbes alentour). Au prochain bled, il faudra m’acheter des pompes…

 

EXT Nuit, marécages

La lune sur les Everglades. Reflets d’argent sur l’eau morne. Végétation pleurante. Bruissements d’insectes.

La voiture à l’éclairage intérieur allumé. Les silhouettes de Haig et de Félix sont pliés en deux sous le poids du corps de Carlo.

 

EXT Nuit, marécages, bord de plan d’eau

Haig et Félix font rouler le corps de Carlo dans l’eau noire. Haig pousse le cadavre flottant au moyen d’une branche en guise de gaffe.

Plus loin, des formes presque immergées dans l’eau s’animent. On distingue le mouvement sinueux d’alligators convergeant vers le corps. Des bouillonnements se forment au moment où ils arrivent sur le cadavre.

 

EXT Jour, route

La voiture sur une petite route.

 

INT Jour, habitacle

Haig au volant. Sur le siège passager, Félix a une sale gueule. Il se masse douloureusement la jambe.

Plan sur son pied grossièrement pansé.

 

EXT Jour, village

La voiture traverse un petit village.

 

INT Jour, habitacle

Haig au volant, torse nu, l’épaule entourée de coton tenu par des bandes de charpie, tétant du bourbon à même la bouteille. Félix somnole en gémissant.

 

EXT Jour, chemin

La voiture le long d’une route encore plus étroite que les précédentes, presque un chemin. Elle dépasse l’allée d’une maison qu’on devine, à demi planquée sous l’épaisse végétation.

La voiture stoppe. On distingue Haig au volant, qui hésite l’espace d’une seconde, puis enclenche la marche arrière.

La voiture recule et emprunte l’allée qui mène à la maison.

 

EXT Jour, devant la maison

Haig descend de voiture. La maison est une longue cabane de rondins, de planches et de tôles sur pilotis qui disparaît presque sous la végétation, au bord d’un étang peuplé de roseaux. Sur le perron, un homme au visage marqué, dur, en salopette de jean et chapeau de paille, les bras couverts de tatouages bleus (Ray). À côté de lui, une femme asiatique (Sun). Ils se lèvent d’une balancelle.

Plan sur le flingue à la ceinture de Haig.

La femme asiatique tend le bras vers une carabine posée contre le mur. L’homme l’arrête d’un geste.

Félix descend de voiture à son tour en titubant.

Ray (accent cajun) :
Vous v’là mal en point, vous autres !

 

INT / EXT Jour – Nuit, montage de plans courts

Musique cajun.

Ray et Haig soutiennent Félix dans l’escalier de la maison, puis jusqu’à une chambre. Sun désinfecte et panse le pied de Félix. Haig, Ray et Sun, plus leur fille métisse, dînent d’un poisson.

Fin de repas. Ray offre de l’alcool dans un cruchon de terre cuite. Il allume une cigarette. Plan sur le briquet Zippo gravé d’un insigne militaire.

Haig :
Vietnam ?

Ray :
Deux fois.

Haig :
Et maintenant ?

Ray :
Maintenant on ne me casse plus les couilles (rires).

La voiture de Haig et Félix s’arrête au bord d’un étang marécageux. Haig et Ray en descendent. Ils poussent la voiture dans l’étang. La voiture s’enfonce lentement dans l’eau boueuse. Ray tape sur l’épaule de Haig. Tous deux tournent le dos et s’éloignent.

Sun veille Félix endormi. Haig joue aux cartes avec la fille. Elle gagne et se moque gentiment de lui. Haig et Ray discutent sur le porche devant le soleil couchant.

Félix sort de la maison en claudiquant, sourire aux lèvres, suivi de Sun prête à amortir une éventuelle chute. Félix parvient jusqu’à la balancelle et s’y laisse tomber en riant. Ray et Haig, qui s’en reviennent, des cannes à pêche à l’épaule et des poissons en grappe à la main, s’arrêtent pour observer la scène, l’air réjoui.

Haig et Félix sont sur le proche quand arrive un vieux pick-up. Ray en descend. Haig et Félix le rejoignent. Ray donne les clés du pick-up à Félix.

Petit matin. Haig et Félix lancent leurs sacs à l’intérieur du pick-up. Ils embrassent Sun et sa fille et donnent l’accolade à Ray. Félix sort de sa poche des billets. Ray les repousse.

Ray :
T’en viens pas me mettre dans l’embarras, toi !

Le pick-up quitte la petite propriété tandis que, sur le porche, Ray, Sun et leur fille agitent leurs mains.

 

EXT Jour / Nuit, routes

La musique cajun continue.

Le pick-up roule le long de plusieurs routes, d’abord au travers de la végétation marécageuse, puis au sein d’un paysage de plus en plus sec, jusqu’à devenir désertique.

Fin de la musique cajun.

 

EXT Jour, frontière

Le pick-up passe devant un petit poste frontière mexicain sous l’œil de douaniers indifférents.

 

INT Jour, ville, bar

Haig au comptoir d’un bar mexicain, devant une tequila et une bière. Félix est au téléphone, un calepin usé ouvert à la main.

Félix :
Gomez ? Ici El Rubio…

 

EXT Jour, campagne mexicaine

Le pick-up se présente à la grille d’entrée d’une hacienda. Des gardes mexicains vérifient la gueule des passagers, Félix et Haig, et les laissent passer.

 

EXT Jour, hacienda

Haig et Félix descendent du pick-up et gravissent les marches du porche d’entrée d’une hacienda. Un Mexicain d’allure prospère entouré de gardes armés les attend en haut des marches.

Félix :
Gomez.

Gomez :
El Rubio. Tanto tiempo !

Félix :
Gomez, je te présente Haig. C’est un ami. Il était avec moi dans cette sale histoire aux Etats-Unis.

Haig (tendant la main) :
Señor.

Gomez :
Gomez, niño. Pour les amis, c’est Gomez.

Haig :
Gomez.

Gomez entraîne Félix vers l’hacienda, le tenant par l’épaule.

Gomez :
Alors, ce pauvre Carlo…

Félix :
Hélas.

Gomez :
C’était un brave.

 

EXT Jour, parvis aéroport

Un 4×4 se range devant le bâtiment à l’enseigne de « Aeropuerto internacional de Monterrey ». Haig en descend, ouvre la porte arrière et prend son sac sur la banquette.

Félix descend à son tour. On remarque qu’il est vêtu de neuf et qu’il a retrouvé sa superbe, bottes neuves, chemise brodée, Ray-ban miroir sur le nez. Il rejoint Haig. Les deux hommes se serrent la main.

Félix :
Haig.

Haig :
Félix.

Félix :
Bonne chance, mec.

Haig hoche la tête en souriant, se détourne et entre dans le bâtiment de l’aéroport.

Félix remonte au volant du 4×4.

 

EXT Jour, aéroport, piste

Un avion long courrier décolle.

 

EXT Jour, Bun’Mohr, Irlande

Il pleut.

Un taxi s’approche lentement du port dans lequel les bateaux de pêche oscillent. On reconnaît le village où Haig a sa maison, là où Carlo et Félix sont venus le chercher au début de l’aventure.

Le taxi s’arrête. Haig en descend, son sac à la main. Il salue le chauffeur. Le taxi repart.

Haig relève frileusement son col de blouson, jette un regard circulaire sur le paysage et s’éloigne.

 

EXT Jour, lande

Haig marche sur le sentier côtier, au-dessus de la mer houleuse, courbé contre le vent.

 

EXT Jour, lande

Haig arrive sur le seuil de sa maison. Il soulève une pierre, prend la clé qui se trouve planquée dessous, entre dans la maison et ferme la porte.

 

FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE

(À suivre)

 

Les Guerriers perdus, le film – Épisode 15

7 Responses to Les Guerriers perdus, le film – Épisode 16

  1. ALEKOS

    My god, les alligators on eut à bouffer…ça me rappelle l’histoire de ce type au Texas qui nourrissait ses amours de reptiles de la même manière…avec ses victimes… Joe ball qui s’appelait le zigue…Tobe hooper en a fait un film si ma mémoire est bonne…

  2. Oliv’

    Fin du 1er tome il y en aura donc un second ; en effet ce n’est pas du tout la fin à laquelle on pouvait s’attendre, en toute logique la ( belle ) salope de Vanda allait morfler avec la haine et l’organisation du groupe elle pouvait difficilement y échapper mais au final que nenni, feinte de corps et contre-pied renvoient Haig dans son Irlande natale certainement à cogiter un plan B sévèrement burné… pour la musique dans les Scènes du bayou j’ai pensé à une musique ( Devine… ) Cajun ! qui, comme on le sait trop peu, est à l’origine de rien de moins que le rythm & blues… allez Mets ton chapeau de paille et sort ton banjo… c’est parti !

  3. Don Carlos

    Y aurait-il du mou dans la corde à noeuds ?
    Les longues soirées estives prêteraient-elles plus à la rêverie et à boire des canons qu’au dur labeur solitaire de l’écrivain éreinté aux yeux rougeoyant et au thermos de café tièdissant ?
    C’est que nous-autres lecteurs assidus on attend le samedi et les aventures floridiennes de Haig avec…frénésie !!

    Bon, j’ai compris, interlude…

  4. ALEKOS

    Faudrait voir à pas laisser trop longtemps le père Haig chez lui, tout seul..c’est pas bon pour lui, il va tourner chèvre, nous faire la danse de saint-guy…

  5. Oliv’

    Et si un jour Gainsbourg avait rencontré Baudelaire, qu’est-ce qui aurait bien pu naîtte de cette rencontrre ?

    Tant qu’à faire un interlude, autant qu’il soit de qualité, non ?

  6. Thierry Poncet

    Merci les gars ! Samedi prochain, on reprend, promis…

  7. Michel

    Oui c’est risqué l’oisiveté pourrait le pousser à une consommation exagérée de Guinness voire de Bushmills et de là un embonpoint compromettant pour la suite des aventures, les héros bedonnants sont plus rares depuis l’homme de fer et Derrick mais n’anticipons pas et laissons Haig à sa quinzaine de repos en profitant de l’interlude pour continuer à élever le niveau culturel de ce Pays en écoutant ce témoignage poignant d’une expérience vécue et douloureuse…

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