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Les Guerriers perdus, 2ème partie – Épisode 06

Publié par le 27 juillet 2019

 

D’après mon roman Les Guerriers Perdus, éditions Taurnada, 235 pages, 9,99 €.

 

EXT Jour, route défoncée

Subjectif Haig, image tressautante : sur son side-car Ural, il rattrape un camion vert militaire qui peine sur la chaussée irrégulière ; la benne pleine de caisses qui bringuebalent.

La caméra longe la benne aux parois cabossées. On arrive à hauteur de la cabine. À bord, deux soldats, regards fixés droit devant eux.

Haig leur adresse un salut de la main, un sourire avenant sur sa face poussiéreuse.

Les deux soldats ne lui jettent même pas un coup d’œil en retour.

Haig a un léger haussement d’épaule dépité. Il remet les gaz et dépasse le camion.

 

EXT Jour, pont

Le side-car arrêté au milieu d’un antique pont de pierres jeté au dessus d’un ruisseau bouillonnant. Autour, le paysage de contreforts montagneux, pentes déjà abruptes et bosquets de pins.

Haig, assis sur la margelle, boit à une gourde. Le pont s’avère être une ruine, avec nombre de pierres déchaussées ou manquantes, le tablier renforcé de plaques de tôle.

On entend des bêlements lointains. La caméra glisse sur une pente et se focalise sur un maigre troupeau d’une demi douzaine de chèvres que mène un homme en uniforme coiffé d’une calotte de feutre rouge à la turque.

Haig lui adresse un grand salut, bras levé. Le chevrier l’ignore et disparaît avec ses bêtes derrières des sapins.

Haig soupire, s’envoie une dernière rasade et se relève, refermant sa gourde.

 

EXT Jour, route

Le side-car croise un autocar si rapiécé qu’on le dirait constitué entièrement de pièces de tôles à divers stades de rouille, du piqueté au franchement roux.

À l’approche de Haig, le car continue de rouler tout droit, bien qu’il occupe toute la largeur de la chaussée. On distingue la tête du chauffeur, un moustachu absolument impassible, et des silhouettes de passagers aussi immobiles que si elles étaient des mannequins.

Plans courts sur les mains et les pieds de Haig qui manœuvre précipitamment pour rétrograder et s’échapper sur le bas-côté.

La paroi en patchwork de tôles longe la caméra de très près.

Haig adresse un bras d’honneur au cul de l’autocar qui poursuit sa route.

Haig :
Bande de tarés !

 

EXT Jour, bourgade

Gros plan sur un panneau délavé qui indique « Jiballë ». Le plan s’élargit, découvrant Haig sur son Ural arrêté devant le panneau et, autour, le paysage désormais familier de baraques grises en mauvais ciment aux toits de tôle.

 

INT Jour, flash-back, le bar Kurajo à Bari

Haig et Yussuf, le patron du Kurajo, de part et d’autre du comptoir. Derrière eux, deux vieillards jouent aux dominos.

Yussuf (sur le ton de la confidence) :
Il paraît que ta copine, Vanda, elle s’est acheté une vieille citadelle, un nid d’aigle dans les montagnes pas très loin d’un bled appelé Jiballë, dans le district de Kukës, à l’Est, vers la frontière du Kosovo…

Haig remet les gaz et s’engage dans la ville.

 

INT Jour, « hôtel », réfectoire

Haig mange, attablé au milieu d’une grande pièce vide décorée d’immenses photos retouchées d’Enver Hodja.

Plan sur l’assiette : pauvre pitance faite de chou bouilli, d’un bout d’une sorte de gros radis rouge et d’une farce de mouton mal cuite.

Assez loin de lui, bien que la salle soit vide, une tablée d’une douzaine de militaires se bourrent la gueule au raki, tout en dévorant bruyamment le même plat que lui. Succession de gros plans sur leurs trognes abruties et inexpressives, souvent moustachues, et les uniformes mal coupés.

Tous ignorent Haig. Seul le plus jeune, un gamin aux oreilles pliées par une casquette trop grande, coule vers lui un regard plein de curiosité, affligé d’un sérieux strabisme.

Haig (mastiquant) :
Putain de malades !

 

EXT Jour, devant l’hôtel

Haig à côté de son Ural, devant le bâtiment communiste carré et gris dont il vient se sortir. Il termine de ranger le fourbi qui remplit le side, la mine sombre. Il se redresse, réfléchit un instant en silence, puis balance un coup de pied exaspéré à une roue.

Haig :
En ce moment, je devrais être en train de faire la sieste sur les nichons d’Aynur. Connard ! Non mais quel connard !

 

EXT Jour, route

Le side-car cahote sur la mauvaise route. Des plans de coupe montrent les efforts de Haig pour négocier les trous de la chaussée et ses grimaces de fatigue.

 

EXT Jour, route

Le side-car arrêté à un embranchement. De la route part une piste crayeuse, assez large, qui grimpe à l’assaut de la montagne.

Haig s’y engage.

 

EXT Jour, piste de montagne, canyon

Le side-car grimpe le long d’un défilé entre deux parois verticales, hautes comme des maisons, dont certains passages ont été taillés à l’explosif et à coups de pioches. Il dépasse plusieurs bidons rouillés, une fois une jante large d’engin de chantier, des pièces de mécaniques abandonnées…

 

EXT Jour, débouché du canyon

Haig stoppe. Devant lui, la route plonge, abrupte, vers un fond de cratère. À ses pieds, s’ouvre une carrière, gigantesque excavation en demi-cercle, à la paroi blanche verticale, comme si un coup de burin géant avait emporté un morceau de montagne.

Au fond, un vaste terre-plein de roche nue et de poussière, avec le matériel habituel de ce genre d’exploitation. Panoramique : un pont élévateur ; des bennes ; des wagonnets sur des rails, une grue à flèche, également sur rails ; un camion échoué sur ses jantes nues. (Tout ça rouillé, bien sûr. Tordu. Abandonné. Visiblement inemployé depuis longtemps).

La caméra découvre au fond de l’excavation trois cabanes de tôle. Au toit de l’une d’elle un tuyau de cheminée qui fume. Et, devant, la silhouette d’un homme qui adresse de grands signes, les deux bras levés, dans la direction de Haig.

Haig enclenche la première et s’engage dans la descente.

 

EXT Jour, carrière

Haig descend de son side-car et fait face à l’homme. C’est un vieux type très maigre, voûté, au geste tremblant. Il est à peu près chauve, mais son menton et ses joues disparaissent sous une barbe blanche qui lui descend sur la poitrine, lui donnant un air de vieux magicien. Il porte une combinaison de travail grise dont les jambes s’enfoncent dans des bottes de caoutchouc fendillées et recousues de gros fil noir.

Haig coupe le contact de l’Ural.

Le vieillard :
(Apostrophe en shqiptar).

Haig :
Je ne suis pas albanais.

Le vieillard :
Français ?

Haig :
Oui. Vous parlez français ?

Le vieillard (levant un doigt tremblotant au ciel) :
Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage prennent des albatros, vastes oiseaux des mers qui suivent, indolents compagnons de voyage, le navire glissant sur les gouffres amers… (Il sourit, montrant une bouche édentée). Je suppose que vous reconnaissez mon respecté confrère ce bon vieux Charles Baudelaire ?

Haig :
Vous êtes poète ?

Le vieillard (tentant de redresser son dos bossu) :
L’un des meilleurs ! (Il montre le vaste demi-cercle de la carrière). Victor Hugo avait Jersey. Je n’ai que cette carrière. Bienvenue dans mon exil de pierre, jeune homme ! (Il tend sa main maigre agitée par le Parkinson) : Je suis Xenofon Piroçi.

Haig :
Enchanté, monsieur Piroçi.

Le vieillard :
Xenofon, s’il vous plaît.

Haig :
Xenofon. Moi, c’est Haig.

 

INT Jour, cabane

La caméra détaille l’intérieur de la baraque de fer. Un lit de toile militaire dans un coin. Un vieux fût d’essence bricolé en guise de poêle. Une grosse caisse en guise de table. Des caisses plus petites en guise de tabourets.

Haig et Xenofon y sont assis. Le poète achève de dévorer des sardines et du corned beef apportés par Haig. Il sauce l’huile de la boîte de sardines à l’aide de gros morceaux d’une miche de pain, elle aussi offerte par Haig, qu’il engouffre dans sa bouche édentée.

Il se calme, rassasié, rote un coup.

Haig :
Il y a longtemps que vous êtes là ?

Xenofon :
Trente-huit ans. La carrière a fonctionné jusqu’en 1989. On extrayait des pierres de construction que le ministère de l’industrie vendait en secret à la Yougoslavie. Il y a eu jusqu’à cent ouvriers. Tout le monde est parti en 1992. (Il cligne de l’œil). Bon débarras !

Haig :
Je peux vous poser une question ?

Xenofon (nouveau rôt) :
Faites.

Haig :
Vous mangez quoi ?

Xenofon désigne d’une cuillère tremblante un sac de jute dans un coin.

Xenofon :
Le commandant militaire de Jiballë est un de mes anciens élèves. Tous les mois, il me fait envoyer un sac de haricots. Pour le reste, j’ai la montagne. Il y a des plantes, des herbes, des fruits… La nature est généreuse pour qui sait l’aimer !

Haig regarde autour de lui. Subjectif : hormis le sac de fayots, il n’y a rien de comestible dans la cambuse.
Rien.

Haig :
Hmmm…

 

INT Jour, cabane

Xenofon fait chauffer de l’eau sur le poêle en fût d’essence. Sur la caisse qui sert de table est ouvert un bocal neuf de café instantané.

Xenofon :
J’ai fait la guerre contre les nazis avec Enver Hodja. Quand il a pris le pouvoir, je suis devenu professeur de lettres et poète. J’étais inscrit à la Ligue des Ecrivains. Et puis, en 1958, il y eu la famine. Une terrible famine à cause de la politique agricole absurde. C’est là que j’ai déconné. Hi, hi, hi, c’est bien comme ça qu’on dit : déconner ?

Il apporte l’eau chaude et deux vieilles boîtes de conserve en guise de tasses.

Haig :
Oui. Déconner. Comment vous avez déconné ?

Xenofon :
J’ai écris un poème… Que dis-je, un poème : une ode ! Oui, une ode dans laquelle je comparais Hodja au « Karageuz ». Vous connaissez le « Karageuz » ?

Haig (versant dans chaque boîte une dose de café en poudre) :
C’est une sorte de guignol, non ?

Xenofon :
Vous êtes très cultivé, jeune homme. Oui, c’est une marionnette du folklore grec, un personnage stupide, ridicule, grotesque, que sa bêtise fourre toujours dans des situations inextricables. Alors voilà, j’ai comparé le grand Enver Hodja au « Karageuz ».

Haig :
Aïe !… Ça a dû mal se passer.

Le vieux poète, qui était en train de verser de l’eau sur le café, s’étrangle de rire, en renversant une partie à côté des « tasses ».

Xenofon :
Hi, hi, hi !… Oui !… J’ai été condamné à mort. Ma femme a été envoyée dans un bagne de Labbria, la province du sud. Elle y est morte trois ans plus tard. Hi, hi, hi !… Et ma petite fille, Anila, âgée de trois ans a été confiée à un couple sans enfants dont le mari était un « Segurimi », un membre de la police politique. Je ne l’ai jamais revue. Alors, oui, hi, hi, hi, on peut dire que ça s’est mal passé…

Haig :
Excusez-moi.

Xenofon :
De rien, mon jeune ami, de rien…

Il a achevé de remplir les boîtes. Il pose la gamelle et se rassoit, encore secoué de petits rires.

Haig :
Mais, euh… Finalement, vous n’êtes pas mort ?

Xenofon :
Par un de ses rares gestes charitables, Enver Hodja a commué ma peine de mort en réclusion à vie dans cette carrière…

Gros plan sur Xenofon. La caméra s’attarde sur son nez écrasé et dévié, comme celui d’un boxeur ; ses sourcils clairsemés, poussant sur des arcades marquées de coups ; des cicatrices sur ses pommettes et aux coins de sa bouche.

Xenofon :
Oui, dans cette carrière où, durant des décennies, j’ai été passé à tabac… Cela se dit toujours : « passer à tabac » ?

Haig (ému) :
Oui.

Xenofon :
Passé à tabac, violé et humilié à peu près chaque jour. Oui, mon jeune ami, sodomisé. Sodomisé. Sodomisé…

Silence.

Haig inspire profondément, soupire.

Haig :
Écoutez, Xenofon… La ville de Jiballë n’est qu’à une vingtaine de kilomètres. Prenez vos affaires, s’il vous en reste, et je vous y emmène.

Xenodon :
Vous êtes gentil, jeune homme, mais hélas…

Haig :
Hélas, quoi ?

Xenofon :
Je ne saurais pas où aller. Et puis ce n’est pas si mal, ici, à part les lutins.

Haig :
Les lutins ?

Xenofon (coulant des regards de droite à gauche, comme un homme qui se sent épié, chuchotant) :
Il y a des lutins qui sortent de la forêt, la nuit, voyez-vous. Des gnomes. Des nains. Des djinns. Vous comprenez ?

Haig :
Euh… oui.

Xenofon :
Hi, hi, hi, Ils font des rapports sur mon attitude qu’ils envoient avec un émetteur secret à un satellite soviétique qui informe le gouvernement. Vous comprenez ?

Haig :
Oui… Oui…

Xenofon :
Si je me conduis mal ou si j’essaie de m’enfuir, ils ont des relations secrètes avec le gouvernement américain qui enverra un avion bombardier détruire la carrière et moi avec, hi, hi, hi !…

 

EXT Jour, devant la cabane

Haig sort du side des boîtes de sardines et de corned beef qu’il donne à Xenofon. Celui-ci s’en empare et les dissimule précipitamment à l’intérieur de sa chemise en jetant des regards apeurés aux alentours.

Haig tend la main.

Haig :
Au revoir, Xenofon. (Il se racle la gorge). Ravi de vous avoir connu. Bonne chance.

Plan sur la main sèche du vieillard qui se ferme sur son avant-bras. Plan sur le visage de Xenophon dont les yeux égarés cherchent ceux de Haig.

Xenofon :
Vous qui connaissez le monde, vous savez que je ne suis pas fou, n’est-ce pas ? Vous me croyez, hein ?

Haig :
Bien-sûr, je vous crois…

 

EXT Jour, carrière

Le side-car s’engage sur un chemin caillouteux en pente et disparaît derrière des sapins.

 

EXT Jour, devant la cabane

Xenofon observe un moment l’endroit où la moto a disparu, puis regagne lentement l’intérieur de la baraque.

 

(À suivre)

 

Les Guerriers perdus, 2ème partie – Épisode 05
Les Guerriers perdus, 2ème partie – Épisode 07

7 Responses to Les Guerriers perdus, 2ème partie – Épisode 06

  1. Rantanplan

    Non lui il n’est pas fou puisqu’il récite Baudelaire qui d’ailleurs l’était sans doute un peu devenu, au moment de son procès…mais on s’égare on s’égare… tout comme Haig qui s’enfonce vers les ex-régimes soviétiques où effectivement il devait être fort interessant de voyager avant la chute du mur. On est loin de la Floride, loin du Caravage, loin de tout… pas facile de mettre en musique tout ça ! Pink Floyd à Pompei ? Nan je déconne là…
    salut à toi !

  2. Konstantin

  3. Konstantin

    La magie d’internet et de mes conneries. Un message, long, perdu, un lien mal copié. Et voilà le résultat. Je casque !
    Pardonnez-moi les gars c’est ma tournée.

    Je voulais envoyer Calle 13 – Latinoamerica. Sans corrélation avec le pays blanc d’ailleurs.

  4. Manu

    Reprend ton élan Kostas… Bolivia Kosovo, même combat !
    E viva la revolucion!

  5. Konstantin

    Merci Manu !

    • Konstantin

      Je reprends ! Le chant, l’intonation, le rythme de cette langue sont magnifiques.

      Et je trouve cette vidéo magnifique. quant à l’artiste, whooooaaaaa. Puissant ! J’arrive à saisir une partie des paroles et finirai par tout découvrir car n’entends rien à l’espagnol.

  6. Manu

    Kostas moi aussi je parle très peu l’espagnol ( à part Caramba che calor! ) mais par contre je fais des copié-collés de haut vol, regarde plutôt…

    Je suis… je suis ce qu’ils ont laissé
    Je suis tout ce qu’il reste de ce qu’ils ont volé
    Un village caché dans les cimes
    Ma peau est en cuir, c’est pourquoi elle résiste à tous
    les climats
    Je suis une usine de fumée
    Main d’oeuvre paysanne pour ta consommation
    Vague de froid en plain été
    « L’amour aux temps du choléra » (1), mon frère !
    Je suis le soleil qui se lève et le jour qui se termine
    Avec les meilleurs couchers de soleil
    Je suis le développement en chair et en os
    Un discours politique sans salive
    Les visages les plus beaux que j’ai rencontrés
    Je suis la photographie d’un disparu
    Le sang dans tes veines
    Je suis un lopin de terre qui en vaut la peine
    Un panier d’haricots, je suis Maradona contre l’Angleterre
    marquant deux buts
    Je suis ce qui soutient mon drapeau
    L’épine dorsale de la planète, c’est ma cordillère
    Je suis ce que m’a appris mon père
    Celui qui n’aime pas sa patrie, n’aime pas sa mère
    Je suis l’Amérique Latine, un peuple sans pieds mais
    marchant
    Eh !

    [Refrain]

    [Totó La Momposina]
    Tu ne peux pas acheter le vent
    Tu ne peux pas acheter le soleil
    Tu ne peux pas acheter la pluie
    Tu ne peux pas acheter la chaleur

    [María Rita]
    Tu ne peux pas acheter les nuages
    Tu ne peux pas acheter les couleurs
    Tu ne peux pas acheter ma joie
    Tu ne peux pas acheter mes douleurs

    [Calle 13]
    J’ai les lacs, j’ai les rivières
    J’ai mes dents pour quand je souris
    La neige qui maquille mes montagnes
    J’ai le soleil qui me sèche et la pluie qui me baigne
    Un désert ivre de Peyolt (2)
    Une gorgée de Pulque (3) pour chanter avec les coyotes
    Tout ce dont j’ai besoin, j’ai mes poumons qui respirent le
    bleu clair
    l’altitude qui suffoque
    Je suis les molaires de ma bouche, mastiquant de la coca
    L’automne avec ses feuilles défaillantes
    Les vers écrits sous la nuit étoilée
    Une vigne pleine de raisins
    Un champ de canne à sucre sous le soleil de Cuba
    Je suis la mer des Caraïbes qui surveille les petites
    maisons
    Faisant des rituels d’eau bénite
    Le vent qui coiffe mes cheveux
    Je suis tous les saints qui pendent de mon cou
    Le fruit de ma lutte n’est pas artificiel
    Car l’engrais de ma terre est naturel

    [Refrain]

    [Totó La Momposina]
    Tu ne peux pas acheter le vent
    Tu ne peux pas acheter le soleil
    Tu ne peux pas acheter la pluie
    Tu ne peux pas acheter la chaleur

    [Susana Bacca]
    Tu ne peux pas acheter les nuages
    Tu ne peux pas acheter les couleurs
    Tu ne peux pas acheter ma joie
    Tu ne peux pas acheter mes douleurs

    [María Rita]
    Tu ne peux pas acheter le vent
    Tu ne peux pas acheter le soleil
    Tu ne peux pas acheter la pluie
    Tu ne peux pas acheter la chaleur
    Tu ne peux pas acheter les nuages
    Tu ne peux pas acheter les couleurs
    Tu ne peux pas acheter ma joie
    Tu ne peux pas acheter mes douleurs

    Tu ne peux pas acheter le soleil…
    Tu ne peux pas acheter la pluie
    Nous marchons, nous dessinons x2

    [Caille 13]
    Je travaille dur mais avec fierté
    Ici on partage, ce qui m’appartient est à toi
    Ce peuple ne se noie pas avec des grandes vagues
    Et s’il s’effondre, je le reconstruis
    Je ne cligne pas non plus des yeux quand je te regarde
    Pour que tu te souviennes de mon nom
    L’opération Condor envahissant mon nid
    Je pardonne mais je n’oublie jamais
    Eh !

    Nous marchons
    Ici on respire la lutte
    Nous marchons
    Je chante parce que c’est entendu
    Nous marchons
    Ici nous sommes debout

    Vive l’Amérique !

    Tu ne peux pas acheter ma vie…

    (1) « L’amour aux temps du choléra » est un roman de Gabriel
    Garcia Marquez, un écrivain colombien
    (2) Petit cactus originaire du sud de l’Amérique du Nord
    (3) Boisson alcoolisée mexicaine.

    Salut à toi !
    Oliv’

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