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Au violon (une cons-versation)

Publié par le 18 janvier 2024

 

Un émule. Non, pas du pape. Non, pas tiprise… Un émule, selon mon pote Robert, le dico : « personne d’un mérite égal ».
Il y a un an et demi qu’Olivier, un fervent lecteur qui n’a pas sa plume dans sa poche, espère, m’envoie de temps en temps des « Cons-versations » à sa façon. Et vous savez quoi, potesses et poteaux ? Elles me font bien marrer.
Depuis un an et demi, je m’engage à les partager avec vous. Les péripéties de ce blog m’en ont empêché jusqu’à ce jour où je peux enfin tenir ma promesse. Bonne lecture, filles et gars. Et Hisse et Haut.

 

Paris un 22 juin, aux alentours de 6h30 du matin.

Dans une cellule de dégrisement du commissariat du 9ème arrondissement. Fin de nuit plutôt calme, un gardien somnole sur sa chaise, trois personnes poireautent.

HILDA KTILO : avocate, un soupçon du syndrome de la tourette quand elle s’agace.

OTTO ROMACHICK : boxeur relégué sparring partner. 120 kg de steak haché.

FANNY KIPICK : petite main ambidextre à la retraite. 1m50, regard espiègle.

HILDA :
Je me fais voler mon manteau et ils me mettent à la porte parce que je m’énerve. « CREVURE CREVURE ! »(excusez-moi), moi qui ne lève jamais la voix sur personne, « SALOPERIE DE MERDE ! ». (Excusez-moi).

OTTO :
Moi, je ne lève jamais la main sur personne,  c’est plutôt le contraire. Z’ils m’battent tout le temps… Et z’y n’paient pas cher, que si j’m’écoutais…

FANNY :
Comprend pas, j’ai rien fais, moi, mes mains peut-être, mais 38 ans à coudre, découdre,  couper, recoudre, ça laisse des marques.

OTTO :
Plein partout des marques, des bleus en veux-tu en voilà, cinq côtes fêlées, des nez cassés, et sourd de l’oreille gauche.

HILDA :
Sourds des deux oreilles ces petits « ENCULÉS ! » (excusez-moi) flics de banlieue. Au lieu de m’écouter, ils m’embarquent pour outrage sur « PUTAIN DE TA MÈRE ! » (excusez-moi) la voie publique. Je crie à l’erreur ! « SAC À MERDE ! » (excusez-moi).

FANNY :
Pareil pour moi, je voie un fil qui dépasse, je tire un peu et voilà qu’un rouleau tombe. Je le ramasse par réflexe, le mets dans ma poche par réflexe, sans voir que c’était des billets ! Et voilà ce monsieur qui me crie dessus…

OTTO :
Comme je n’comprends pas tout, vu qu’chuis un poil sourd, z’y m’crient dessus tout le temps. Heureusement chuis costaud et j’encaisse assez bien. J’m’allonge pas trop vite.

HILDA :
Me coucherais pas moi « CONNARD CONNARD ! » (excusez-moi). Ils vont m’entendre les patrons du p’tit resto et ces soi-disant défenseurs de liberté aux képis mous.

OTTO :
Pas mou, plutôt mollasson, manque d’agressivité qu’ils disent. Costaud mais pas assez méchant pour faire un grand champion. J’ai pourtant vu tous les Rocky (pas tout compris), mais il manque quelque chose. J’vois pas pourquoi il est tombé au premier coup, le gars. Chuis mou, qu’y disent.

FANNY :
Paraît que c’est une maladie: la cleptomanie que cela s’appelle. A mon âge, finir une nuit au ballon, comme ils disent, quand je vais dire ça à Hortense, ma voisine, elle va bien rigoler ; elle qui déprime depuis que son mari est parti avec un jules il y a trois semaines. Tout compte fait, j’ai passé une soirée sympathique. Je remets ça la semaine prochaine…

OTTO :
Ign’est pas resté longtemps par terre, comme quoi ! Lui et moi, on se ressemble (sourire édenté), surtout ‘vec le nez que je lui a pété !

La sonnerie du téléphone du gardien (les premières notes de La Marseillaise), réveille celui-ci ; il s’étire, prend ses clefs et approche de la cellule.

LE GARDIEN :
Allez hop, 7 heures, conséqu’ment tout le monde dehors. On a pris vos noms, on vous convoquera subséqu’ment plus tard. Bonne journée m’sieur-dames !


Le trio se lève, traîne un peu des pieds et sort du commissariat sous une pluie fine et glacée.

ENSEMBLE :
Merde, couilles, fumiers (excusez-nous) !

(À suivre)

 

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