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La petite chaise qui avait faim (conte d’épiphanie)

Publié par le 5 janvier 2026


Il était né le divin bébé. Alors, avec un peu de retard, c’est qu’on vient de loin, hein, arrivèrent sur zone trois rois nazes qui apportaient de l’or, de la myrrhe-vaisselle et de l’encens-sans-plomb. La tradition prétend qu’il en fut un quatrième, Artaban, qui se pauma en route et n’arriva que trente-trois ans plus tard, alors que Jésus mourrait sur la croix, c’est ballot. On sait moins qu’il en existe un cinquième, l’Ami Olivier [contact : barjolivier@orange.fr] qui se pointe vingt siècles, un quart et un jour plus tard, porteur, lui, d’un joli conte à sa façon. Et de polysulfure de phénylène. À chacun son époque, quoi, mince !

Il était une fois une chaise pour bébé. Elle était étroite, adaptée aux petits derrières, mais reposait sur de très longues jambes très fines en polysulfure de phénylène. Une chaise faite pour durer. Ref : Chair/1er.age/95cms – PP311260 [cliquez pour commander].

Pendant dix-huit mois, Chair/1er.age/95cms – PP311260 [cliquez pour commander], bien plantée sur ses très longues jambes très fines de polysulfure de phénylène assura avec constance et dignité son rôle : accueillir le popotin du bébé et bien le maintenir en place.

Chair/1er.age/95cms – PP311260 [cliquez pour commander] supporta stoïquement les couches imbibées d’urine ou de fèces semi-liquides ainsi que les projections de vomi et bave de l’enfant.

Or, Chair/1er.age/95cms – PP311260 [cliquez pour commander] avait toujours faim. Quand quelques denrées étaient crachées par l’enfant et oubliées par les parents fatigués, elle les dévorait bien vite. La nuit, elle se déplaçait sans bruit sur ses très longues jambes très fines en polysulfure de phénylène et grignotait les bouts de pain négligés sur la table par les parents épuisés, des fruits dans la corbeille, des serviettes en papier, des barquettes entamées abandonnées sur le plan de travail, des épluchures, des bouts de gras et des miettes de desserts dans les assiettes sales laissées dans l’évier par les parents sur les rotules.

Elle réussit un jour à manger le reste du poulet du soir : Crispy-chicken//Uber Meals//Pay-Swile [cliquez pour commander]. Mais la maman s’en aperçut le lendemain. La nounou camerounaise fut remerciée, remplacée par une Cambodgienne, et un cadenas à combinaison HomeMerit – 4chiffres/réinitialisable – 79*40*15mm – blue [cliquez pour commander] fut installé sur la porte du réfrigérateur.

Au bout de six mois, le bébé, déjà obèse, ne rentrait plus dans la chaise aux très longues jambes très fines en polysulfure de phénylène . On emporta Chair/1er.age/95cms – PP311260 dans la remise et on l’oublia.

Chair/1er.age/95cms – PP311260 survécut de cafards et de mulots jusqu’à ce que ceux-ci désertent le débarras, ayant compris qu’un prédateur s’y trouvait. La faim la démangeant, elle finit par se tourner vers ses compagnons de cellule. Elle attrapait un truc qui traînait, le broyait et le mangeait. Personne ne remarquait la disparition d’un vieil abat-jour Juvenil Paper 35/30/9,5 – ref : 151425 [cliquez pour commander] ni celle de vieux dictionnaires décrépis [No Stock].

La porte de la grange s’ouvrait régulièrement et un nouvel objet qui avait été inutile et neuf, devenu inutile et obsolète, atterrissait sur le bric-à-brac. La chaise aux très longues jambes très fines de polysulfure de phénylène n’était pas difficile. Miam, elle se contentait de ce qui tombait à sa portée.

Aujourd’hui, 05 janvier, la porte s’ouvre et une silhouette se découpe dans la lumière du matin. C’est l’homme de la maison qui observe un moment le tas d’objets répudiés couverts de poussière et de chiures de mouches.
Il se dit :
– Quel fatras là-dedans ! J’ai bien choisi ma résolution du nouvel-an : vider cette foutue grange. C’est devenu une vraie étable, ma parole !
Tandis qu’il attelle sa remorque au cul de son 4×4, il se dit encore :
– Je vais l’aménager en salle de jeux pour le gamin. Il est assez grand, maintenant…

Il recule l’engin jusqu’à la porte et entreprend d’entasser tout le fourbi dans la benne. Chair/1er.age/95cms – PP311260 avait pris l’habitude de se tenir loin de la porte. Elle est la dernière à atterrir sur ses hétéroclites compagnons d’infortune qui l’ont, contre leur volonté, aidé à subsister. La voiture démarre, direction la déchetterie.

Le chemin défoncé, les amortisseurs défectueux et une conduite brutale malmènent le chargement. Chair/1er.age/95cms – PP311260 a tout de suite compris. Ses très longues jambes très fines en polysulfure de phénylène se frayent un chemin vers le bord du véhicule. Elle ne se laisse pas troubler par les cris des pauvres objets qu’elle transperce au passage. Elle sait qu’il lui faut fuir à tout prix.

Un dernier nid de poule plus profond lui permet de basculer hors de la remorque. Un roulé-boulé et la voilà sauve. Chair/1er.age/95cms – PP311260 se relève, se débarrasse du coussin Flowers-Colours/Spring – 451086 ; Silk [cliquez pour commander] empalé par son deuxième pied et s’éloigne de la route.

Chemin faisant, elle découvre une nature inconnue. Toute une végétation luxuriante qui la vivifie et, en même temps, lui donne l’eau à la bouche. Elle jette son dévolu sur un bosquet d’arbustes bien tendres [No Ref].
Succulents !
Quel plaisir que ces jeunes bois plein de sève. Chair/1er.age/95cms – PP311260 les sent délicieusement frémir pendant qu’elle les broie et leur chair vibrer tandis qu’elle l’assimile.

Insensible aux cris des arbrisseaux [No Ref], elle fait un carnage. Elle n’a plus faim mais ça ne fait rien. Elle ne peut résister au buffet à ciel ouvert qui s’offre ainsi à elle. Si inconnu. Si délectable. Si vivant [No Ref] ! Et chaque buisson, chaque branche, chaque touffe avalés augmentent la frénésie de son appétit.

Après plusieurs heures de festin, enfin repue, Chair/1er.age/95cms – PP311260 se laisse tomber au milieu d’un champ dévasté. Il ne reste plus un plant, plus une feuille, plus un brin d’herbe dans un rayon de plusieurs dizaines de mètres.

Chair/1er.age/95cms – PP311260 s’endort.

Le lendemain matin, elle se réveille avec le soleil. Enfin, le soleil est bien levé mais la chaise ne sent pas sa chaleur. Et pour cause, la clairière de la veille s’est rétrécie comme peau de chagrin. La chaise se tortille et réussit à se redresser sur ses très longues jambes très fines en polysulfure de phénylène. Elle réalise alors qu’elle est cernée de près par les troncs rugueux d’une dizaine de chênes centenaires [No Ref].
– Qu’est-ce que vous croyez faire là ? crie-t-elle aux arbres qui la serrent de beaucoup trop près à son goût. Je suis Chair/1er.age/95cms – PP311260 ! Mes pieds sont en polysulfure de phénylène ! Je suis indestructible !
Et, pour bien leur montrer qu’ils ne l’auront pas comme cela. Elle se dresse fièrement de toute son assise. Elle enfonce ses quatre très longues jambes très fines dans le sol et bande ses fibres.

Les chênes n’en ont cure. Ils la compriment des quatre côtés. Le dossier, est le premier à se briser. Chair/1er.age/95cms – PP311260 hurle de douleur.

Le doute la prend.
Se pourrait-il que… Ou bien…
Mais oui !
Elle sent que l’écorce de ses agresseurs cède.
– Je suis toujours là, ahane-t-elle en reprenant un peu d’espoir. Le bois ne peut rien contre le polysulfure de phénylène. Salopards ! Vous n’êtes même pas référencés !…

Mais voilà : si l’écorce des chênes est tendre, leur cœur, lui, est dur comme de la roche. La chaise a beau résister avec l’énergie du désespoir, les arbres continuent de l’écraser.

Le siège se déforme et se fêle.
Les très belles, très fines et très longues jambes se rapprochent inexorablement les unes des autres, traçant des tranchées dans la terre.
Des craquements de plus en plus violents accompagnent les cris d’agonie de Chair/1er.age/95cms – PP311260, la chaise pour bébés qui, pour son malheur, avait toujours faim.

Enfin, après un dernier cri plus déchirant que les autres, elle explose sous la pression.

Le silence…
Éclate.

Après quelques minutes, les chênes [No Ref] frémissent. Ils s’écartent, d’abord les uns des autres. Puis ils s’éloignent peu à peu et, un à un, rejoignent la forêt dont ils sont venus.

Au centre de la clairière désolée, un petit tas de poussière de polysulfure de phénylène gémit avant d’être dispersé par le vent.

(À suivre)

 

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